jeudi 13 janvier 2022

Par effraction de Patrick Sénécal

 


Publié chez Québec Amérique en novembre 2021

33 pages

4e de couverture

Publiée à l’origine dans Les disparus d’Ely - Perdus

S’est-il mis à courir ? Sans doute, puisqu’il file maintenant dans le couloir. Où va-t-il, que fuit-il ?

Mon avis

Je remercie la maison d’édition pour le service presse. Normalement, je lis des œuvres de cet auteur au mois de septembre – octobre pour me mettre dans l’ambiance de l’Halloween. Si vous aimez l’horreur, c’est un écrivain à suivre. J’ai assisté à plusieurs de ses conférences et j’ai lu quelques-uns de ses livres depuis que je l’ai découvert avec Aliss. Je souligne par contre que son style ne conviendrait pas à tout le monde. Toutefois, je suggère de commencer par un livre pour se faire une idée.

Dans le cas de cette nouvelle, il m’a fait frissonner en quelques pages seulement. J’ai noté quelques ressemblances entre le protagoniste Benoît et les personnages de ses autres romans, mais j’ai trouvé l’intrigue intéressante. Pendant tout le temps qu’il se promenait dans la maison, je me questionnais si Benoît n’était pas drogué ou s’il s’agissait de la réalité. C’est un des points forts. L’auteur a le don de tenir le lecteur en haleine jusqu’à la fin. Bien qu’il ne contienne que 33 pages, il y a assez de détails pour que je puisse m’imaginer le lien et les craintes de Benoît.

Pour ce qui est des antagonistes, je ne l’ai pas vu arrivé et ils m’ont fait passer à travers toute une gamme d’émotion. Je ne vous en dis pas plus, mais ils méritent une étoile. J’en aurais pris pour plusieurs autres chapitres. Je souhaitais en apprendre un peu plus sur eux.

Extrait

Cinq bières plus tard, il est près d’une heure du matin et Benoît, plus découragé que jamais, fait le point : il a trente-six ans, il vit dans un deux et demie qu’il n’a pas payé depuis deux mois, il lui reste environ deux cents dollars dans son compte en banque, et Mojo va le détruire en bouillie dans trois jours. (p.8)


mercredi 12 janvier 2022

7 jours tout inclus – Vents contraires de Sophie Huard

 

Publié chez les éditions de La Bagnole le 27 septembre 2021

366 pages

4e de couverture

Clara, Sam et leur mère se rendent à Palm Beach pour leur première mission en tant qu'agents officiels du SAFE. Ils doivent retrouver les précieux bijoux d'Alyson Davis qui ont été volés par son ex-mari Scott Hill. Mme Davis est convaincue que ce dernier les revendra lors des vacances en Floride qu''il a planifié avec leurs deux filles, Lexie et Maddie.

Mais la mission s'avère plus périlleuse que prévu quand il s'avère que Scott Hill a reçu des menaces du dangereux groupe de motards les Deadly Gators qui veulent s''en prendre à ses filles. Le trio d''agents, en plus de récupérer les bijoux volés, doit également assurer la sécurité des deux adolescentes. La protection des soeurs devient primordiale pour Sam, lui qui s''est épris de Maddie...

Mon avis

Je me souviens de l’avoir reçu pour mon anniversaire, alors que je ne m’y attendais pas du tout. Je ne connaissais pas cette série lors de la réception. Je recommande de commencer par le tome 1 pour découvrir les deux protagonistes Clara et Sam et savoir comment ils se sont retrouvés dans ces péripéties.

J’aime que leurs aventures se déroulent à l’extérieur du Canada. Cela me permet de voyager à travers les pages et ça me fait un bien fou. J’ai l’impression de regarder un épisode de l'émission Les Intrépides, une série que j’adorais lorsque j’avais l’âge du public cible. On le recommande pour les 13 ans et plus ou du moins pour les lecteurs avancés puisqu’on y trouve beaucoup de détails et cela peut-être compliqués pour un enfant de rester accroché s’il parcourt le livre d’un seul trait comme moi. Le style plaira autant aux adultes, car j’ai vu de très bons commentaires passés à propos de cette série.

Je donne une étoile à Sam pour ce tome-ci, c’est le personnage qui m’a fait le plus rire. Il a fait preuve de courage tout comme sa sœur. Toutefois, ils ne réfléchissent pas toujours avant d’agir, alors cela les mène dans des circonstances assez intenses. Les deux sœurs Hills m’énervaient au commencement, mais je me suis rapidement attachée à elles. Maddie semblait froide, mais au fil des conversations qu’elle a avec Sam, on apprend ses raisons.

Si vous avez aimé le premier tome, vous allez adorer celui-ci. L’univers est semblable, à l'exception des nouveaux personnages et des aventures plus intenses. Maintenant que l’on connaît les protagonistes, l’auteure a davantage focalisé sur la mission. C’est pour cette raison que j’ai une préférence pour le deuxième bouquin. J’apprécie les romans avec peu de temps morts, mais qui donne la chance de prendre son souffle.

Extrait

J’ai moi-même essayé d’aborder Madeline, mais sans succès. Elle s’est bâtie une armure et repousse tous ceux qui tentent de l’approcher. Même si Lexie se montre amicale avec nous, nous n’obtiendrons pas de confidences tant que Madeline nous tient à l’écart et nous empêche d’entrer dans leur intimité. (p.92)

Ma chronique du tome 1 

dimanche 9 janvier 2022

Le bonheur impossible de François Guilbault


 

Publié chez AdA dans la collection Monarque le 21 septembre 2021

496 pages

4e de couverture
Derrière chaque grand personnage historique se cache au moins une histoire d’amour… Le jour où son père devint le pape Alexandre VI, Lucrèce Borgia cessa de s’appartenir. Simple jouet dans le jeu politique du Saint-Siège, à treize ans, on la maria au brutal Giovanni Sforza, maître de Pesaro. Deux ans plus tard, son père la rappelle à Rome, car son divorce se dessine, l’alliance avec les Sforza n’étant plus souhaitée. Elle ne s’en plaint pas. Elle a trouvé l’amour : Pedro Calderon, le camérier du pape. Mais César Borgia, son terrible frère, veille au grain. D’un coup de poignard, il met fin à cette passion indigne des ambitions de la famille.

Mon avis

Je remercie l’auteur pour sa confiance renouvelée et pour le bon moment de lecture. Je recommande de le parcourir à tête reposée, car il contient énormément d’information. J’apprécie qu'il ait créé un lexique avec le nom de tous les personnages à la fin du livre, cela m’a aidé à mieux comprendre le texte. Un autre point positif, il y en a un pour ceux qui sont fictifs et un second pour ceux qui ont réellement vécu. Lucrèce est le personnage central du bouquin, mais vous allez rencontrer plusieurs membres de son entourage.

L’auteur m’a étonné avec ses recherches, le récit débute avec la naissance de Lucrèce. Je ne m’attendais pas à en apprendre autant sur sa vie qui est loin d’être rose. Le roman est écrit à la troisième personne. Toutefois, je me suis attachée à la protagoniste et j’ai pu ressentir autant ses joies que ses peines. Je précise que j’ai visionné que quelques épisodes de la série Borgia, alors j’ai vu lire l’ouvrage avec un regard neuf.

J’ai de l’empathie pour elle, mais ce n’est pas nécessairement le cas pour son père et son frère César. Je sais qu’ils avaient leurs raisons pour agir de la sorte, cela ne change pas que je les trouve froids et calculateurs. Par contre, César est un excellent antagoniste. Il m’a étonné du début jusqu’à la fin. Si je devais choisir mon personnage masculin favori, je voterais pour Sebastiano, un des bons amis de César. Il demeure aux côtés de Lucrèce à travers les intempéries. Vannozza m’a aussi surprise. Je ne m’attendais pas qu’elle soit empathique envers sa fille. Elle fait partie de mon top 5. J’ai bien aimé être témoin de leurs conversations.

Je le recommande à ceux qui adorent les romans historiques. Cette œuvre contient un peu de romance, mais c’est surtout concentré sur la vie de Lucrèce et elle a vécu plusieurs mésaventures amoureuses. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit mariée aussi souvent. Je peux imaginer qu’elle était une femme magnifique et le fait que son père soit Pape a dû l’aider à se trouver des prétendants. Je suggère de lire Napoléon et Maggie d’Irlande du même écrivain. D’ailleurs, Maggie fait partie de ma liste de mes romans marquants de 2021. Il se surpasse à chacune de ses œuvres.

Extrait  

Il faut découvrir ce qui rend notre époux satisfait.

Comme ?

Le laisser aller à la chasse, s’il aime cela. Ne pas s’affliger qu’il achète beaucoup de livres, si la lecture le passionne. Ne pas se plaindre inutilement, si notre entretien lui tient à cœur. Ne pas retenir ses envies.. (p.119)

Mon entrevue avec l'auteur 

Ma chronique de Maggie d'Irlande 

vendredi 7 janvier 2022

Piégée – Kelly McDade tome 3 de Sylvie G.


Publié chez Boomerang en avril 2016

400 pages

4e de couverture

Kelly croyait pouvoir profiter de son congé scolaire pour passer du temps en amoureux avec Derek, mais la découverte de mystérieux SMS sur le portable de son séduisant policier viendra changer ses plans. Entre les fraudeurs qui sévissent dans la région, le désir d’aider une nouvelle amie victime de violence et le vol de son identité, Kelly se verra à nouveau impliquée dans une enquête criminelle. À son grand désarroi, elle découvrira que tous ces événements ne sont peut-être pas que de malheureux hasards et les conséquences pourraient être beaucoup plus graves que ce qu’elle croyait…

Mon avis

Je tiens à vous aviser que j’ai lu ce tome-ci avant le deuxième, j’avais oublié de vérifier quel titre suivait l'Appât. La bonne nouvelle est qu’une fois que l’on connaît les personnages, on peut comprendre l’histoire sans aucun problème. Les enquêtes peuvent se lire séparément. J’ai apprécié celui-ci davantage que le premier à cause d’Alyssa, une fille spéciale qui va devenir amie avec Kelly. Je ne vous en dévoile pas plus, car elle joue un rôle important. Mon étoile va à elle! L’écriture de ce livre m’a tout simplement étonnée.

Même si elle cause des problèmes, elle m’a surprise à maintes reprises et ajouté du piquant à l’histoire. Pendant tout le long de ma lecture, je me questionnais ce que l’écrivaine avait prévu pour Alyssa. On doit s’armer de patience pour obtenir des réponses, mais c’est ce qui fait son charme.  À une époque, je lisais beaucoup de romans avec des intrigues policières et j’ai souvent éprouvé de la difficulté à devenir l’identité du coupable. C’est encore le cas cette fois-ci, l’auteure laisse des indices au fils des chapitres, mais l’histoire n’a pas tourné comme je m’y attendais. Je crois que les amateurs de ce genre littéraire vont apprécier. Je recommande quand même de les lire en ordre.

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Kelly qui est toujours aussi espiègle et curieuse. C’est une femme qui n’a pas froid aux yeux et c’est pour cette raison que je me suis attachée à elle. Quant à Derek, l’auteure a réussi à me faire douter de lui et j’ai été mitigée à son propos jusqu’à la fin. À vous de deviner, si mon opinion reste positive ou négative. J’ai eu un coup de cœur pour lui dans l’appât.

Pour vous confirmer mon intérêt pour cette série, j’ai reçu ce roman en format numérique, alors que je le fais qu’à de rares exceptions. Sylvie G. fait partie de ma liste d’auteurs favoris et je n’allais pas passer la chance de poursuivre ma lecture des enquêtes de Kelly. Je vais aussi lire les deux prochains tomes dans le même format et vous risquez de ne pas attendre pour que je vous partage mes avis. Red Velvet me tente depuis octobre, mais je tiens à terminer les péripéties de Kelly adolescentes avant de me lancer dans celles adultes.

Ma chronique du premier tome 

Mon entrevue avec l'auteure 


jeudi 6 janvier 2022

Nauetakuan – Un silence pour un bruit de Natasha Kanapé Fontaine

 


Publié chez les éditions XYZ le 3 novembre 2021

254 pages

4e de couverture

Nauetakuan : mot innu qui nous annonce qu’un son, au loin, vient à nous.
Comment l’entendre, si tout, dehors comme dedans, vibre, bourdonne, crie?
Il faut, oui, faire silence.

Perdue dans la ville, Monica cherche sa liberté en même temps que ses liens. Ses études en histoire de l’art ne lui inspirent plus rien, le sens la fuit et le vide menace de l’envahir pour de bon, fragilisant l’armure qu’elle se confectionne chaque jour.
Pour pouvoir enfin déposer le lourd bagage dont elle a hérité, revenir en paix chez elle, à Pessamit, elle devra d’abord apprivoiser les orages qui grondent en elle. Remonter le fil des routes et des rivières, leur courant tantôt allié, tantôt contraire, d’un bout à l’autre du continent. Retrouver la puissance qui se façonne une perle à la fois.

J’aimerais lui dire que j’y arrive tant bien que mal, que je cherche les assises, les repères, les portes. J’aimerais pouvoir toucher la peau du castor une nouvelle fois, sentir la brise se lever tout en recevant l’odeur du feu et de la viande qui grille. Si je ferme les yeux, mon rêve disparaîtra.

Mon avis

Normalement, je chronique seulement mes services presse, mais j’ai pris comme décision d’ouvrir mes horizons littéraires en 2022 et je l’avais demandé en cadeau. Je suis heureuse de l’avoir reçu, car je tenais à lire le premier roman de cette auteure qui a déjà publié plusieurs livres avant celui-ci.

Il est entrecoupé de poèmes qui décrivent les scènes qui terminent le chapitre et à propos de ce que vivent les personnages. C’est un univers que je connais peu, mais l’écrivaine a fait en sorte que le lecteur entre facilement dans l’histoire et se laisse imprégner par la magie de cette culture. Monica et Katherine se complètent malgré leur différence. J’ai le sentiment que Monica devait rencontrer sa nouvelle meilleure amie pour s’ouvrir à sa culture dont elle connaissait peu. Bien que ma vie diffèrent de celle de Monica, j’ai connecté avec son désir de se découvrir. C’est à elle que je donnerais mon étoile. Katherine ajoute du piquant à l’histoire et c’est le second personnage que j’ai le plus apprécié.

Si vous adoré voyager, les péripéties de Monica se déroulent à Montréal, Vancouver, Mexico, Pessamit et Nitassinan en moins de 300 pages. Bien que ce soit surtout concentré sur les relations, j’ai pu m’imaginer l’atmosphère des multiples endroits. Le roman est écrit à un rythme tellement rapide que j’aurais aimé qu'il contienne 100 pages de plus. J’ai vécu un deuil lorsque j’ai fermé le bouquin et j’ai encore plus envie de découvrir les autres œuvres de l’autrice.

Parfois, dans les conversations, on voit des dialogues dans une autre langue comme l’espagnol et l’innu, ce qui différencie ce roman de ceux dont j’ai l’habitude de lire, mais j’aurais souhaité avoir une traduction pour bien cerner la situation, mais avec les réactions des personnages et les explications, on peut deviner ce qu’ils venaient de dire.

Si comme moi, vous cherchez à vous ouvrir à une nouvelle culture, je vous le recommande. J’ai passé un bon moment à le parcourir et à voyager avec Monica. J’espère que cela sera aussi votre cas.

Extraits

J’ai tout le temps envie de partir, c’est juste je sais pas quoi faire. Je sais pas ce que je ferais si j’allais à Toronto ou, mettons, Ottawa. (p.32)

Ce qu’elle sait, c’est qu’elle aime sa nouvelle amie. Elle est hilarante, et elle porte en elle quelque chose que Katherine ne peut décrire. Mais celle-ci reconnaît ce bagage. Une force vive. Une volonté de découvrir, de vivre. De savoir. D’être. (p.67)

Tu as le choix. Continuer dans la guerre contre toi-même ou rechercher la paix de ton âme, pour encore mieux poursuivre la lutte collective des nôtres. (p.104) 


mardi 4 janvier 2022

Entrevue avec Maira Chiodi

 


Biographie

Maira Chiodi est née au Brésil. Après avoir obtenu un diplôme aux Beaux-Arts en 2005, elle se met à l'illustration. Elle s'établit à Montréal en 2009 pour trouver de nouveaux défis. Elle adore inventer des créatures improbables et les mettre dans des situations inusitées. Son imaginaire l'amène toujours vers des personnages étranges et drôles qui plongent le lecteur dans un univers fantastique et ludique.

Crédit biographie et photo: www.leseditionsdelabagnole.com/maira-chiodi/auteur/chio1006

Qu’est-ce qui vous passionne autant à propos du dessin ?

Le dessin a toujours été une façon d’exprimer les idées dans ma tête, mon imagination. Depuis que je suis enfant, j'ai toujours dessiné. Mes cahiers scolaires avaient plus de dessins que de mots et de chiffres. Je pense aussi que dessiner, c'est un moyen de résoudre des questions personnelles, un genre de thérapie, dès que des affaires inconscientes "sortent" de ma tête vers mes mains pour arriver sur le papier.

Avez-vous des bandes dessinées favorites? Lesquelles conseilleriez-vous à une personne qui vient de
découvrir le genre?


Je suis une personne qui préfère les albums illustrés aux bandes dessinées. Mais j'aime beaucoup la série Paul de Michel Rabagliati. Quand je suis arrivé à Montréal, Paul  m'a présenté la culture puis la langue du Québec. Alors, je trouve que c'est une super œuvre d'art, mais aussi un portrait de la ville de Montréal et du Québec, des gens, de la langue, enfin, une richesse culturelle inestimable pour tous ceux qui veulent connaître le Québec.

Quelles sont vos sources d’inspiration?

La nature, le travail des autres illustrateurs, des dessins animés, mes chattes! Des situations quotidiennes peuvent aussi être très inspirantes. L'ordinaire, quand j'y porte attention, cache des surprises qui peuvent apparaître dans mon travail plus tard. Par exemple, une simple promenade dans mon quartier. Après la naissance de mon fils l'année dernière, il est devenu une grande source d'inspiration aussi.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaiterait devenir illustratrice?

C'est fondamental de dessiner beaucoup et développer un style personnel qui vous donne du plaisir à produire, avec la création conséquente d'un portfolio qui représente qui vous voulez être en tant qu'illustrateur. Mais ce n’est pas seulement ça. J'ai trouvé que c'est très important aussi d'étudier au sujet de l'illustration pour les albums illustrés et la littérature jeunesse. La théorie aide beaucoup l'illustrateur à aller au-delà d'une simple reproduction visuelle de ce que dit le texte. En plus, connaître l'histoire de la littérature pour enfants est très intéressant et enrichissant. Ce n’est pas juste de savoir dessiner, mais aussi d'étudier et lire beaucoup. C'est un conseil que j'ai mis longtemps à suivre, malheureusement. Je pensais qu'il suffisait de savoir dessiner et d'avoir mon style, mais j'ai appris qu'il faut étudier la relation entre texte et image pour être un illustrateur avec un travail plus artistique et passionnant pour le lecteur.

Avez-vous rencontré des défis lorsque vous avez dessiné la doudou pour la première fois et combien de temps cela vous a-t-il pris pour arriver jusqu’au résultat final?

Au début de la création de la doudou j'ai dessiné une situation avec plusieurs doudous, pour montrer à l'éditrice Lucie Papineau puis à l'auteure Claudia Larochelle des options différentes pour le personnage. À partir de ça, on a discuté et je suis arrivé à la forme que vous connaissez de la doudou. Un défi a été toujours d'imprimer une personnalité à la doudou, mais depuis le début je l'ai cherchée en utilisant beaucoup d’expressions faciales exagérées. La doudou n'est pas mal une "drama queen"! Au long du temps, j'ai simplifié la façon de faire les poils et d'autres détails et la doudou est devenue plus "clean". Cela a facilité mon travail considérant que j'ai déjà dessiné la doudou un nombre incalculable de fois! Je ne suis pas certaine de combien de temps j'ai pris pour arriver au résultat final, je dirais environ deux mois même chose pour les autres personnages aussi.

Quels sont vos prochains projets?

Je travaille sur mon premier album en tant qu'illustratrice et auteure, et j'en ai déjà un autre dans la file d'attente prêt à être finalisé. Et la série Doudou continue à plein régime! Des nouveautés arrivent en 2022. 


lundi 3 janvier 2022

Dans la tête d’Anna.com – Déconnectée du monde de Catherine Francoeur

 


Publié chez les éditions La Bagnole le 6 décembre 2021

344 pages

4e de couverture

Moi, c'est Annabelle. Je suis aussi Anna, sur le web. Mais ça, c'est un secret que personne ou (presque) ne connait. Mon rêve d'avoir un blogue populaire se réalisait enfin vers la fin de l'année scolaire et les lecteurs et les commentaires se multipliaient... jusqu'à ce que les vacances viennent tout gâcher!

Je passe l'été chez ma tante à la campagne pour garder mes cousines, loin de chez moi et de mes amies, mais aussi très loin d'une bonne connexion internet. Même si j'apprends à vivre déconnectée du monde et que je sors de ma zone de confort, je ne réussis plus à écrire assez d'articles. Pire : ils passent inaperçus, peu importe ce que j'y raconte. Je dois me rendre à l'évidence : mon blogue n'intéresse plus personne.

À moins que j'utilise les grands moyens...

Mon avis

Parmi les trois tomes, celui-ci arrive en deuxième place. Je préfère le premier parce qu’on apprend les raisons d’Annabelle pour créer son blogue. Je l’ai mis en second, car je me pose les mêmes questions que la protagoniste à propos de mon site. C’est une de mes séries jeunesse favorites, je retrouve chaque fois Annabelle avec un plaisir et j’ai hâte de découvrir ce qui se produit dans sa vie réelle. Elle a beau exagérer la réalité sur son blogue, son quotidien n'est pas ennuyeux. Je me demande si elle va finir par profiter de sa vie au lieu de l’amplifier d'autant plus que ce livre-ci nous laisse beaucoup de choses en suspend quant à l’avenir de danslatêted’anna.com.

On apprend plus sur la famille d’Anna, au début c’était concentrer sur ses parents, son frère et sa sœur, maintenant elle va garder chez une tante qu’elle n’a pas la chance de souvent voir et la majorité du roman se déroule en campagne. C'est rafraîchissant et cela a donné l'opportunité à la protagoniste d’affirmer son indépendance malgré son jeune âge. Cela a fait du bien de découvrir un autre environnement que Montréal ou Québec. D’ailleurs ce changement a fait en sorte qu’Anna est moins centrée sur elle-même et de meilleure humeur dans ce tome-ci. Je l’ai trouvée plus sympathique et cela lui a donné la chance de développer de nouvelles amitiés.

Je l'ai lu en quelques heures, car c'est un récit sous forme de journal intime et je voulais tellement connaître la suite des événements que j’ai éprouvé de la difficulté à déposer le livre. Une adolescente va entrer facilement dans l’histoire et elle plaira autant à la mère, si elle aime les romans jeunesse. Comme dans les deux premiers tomes, je n’ai pas trouvé le style trop enfantin au point de décrocher. J’ai eu des souvenirs des vieilles fanfics que j’écrivais au début de l’âge adulte.

Extraits

Je ne peux pas nier que je suis déçue. Si j’écris un blogue, ce n’est certainement pas pour écrire dans le vide ! Je veux qu’on me lise, je veux avoir de la reconnaissance, discuter avec des gens ! (p.61)

Je laisse les larmes couler librement sur mes joues. C’est de pire en pire. Ça y est, mon heure de gloire est terminée. Les gens me trouvent plate, ennuyante, inintéressante, c’est pour ça qu’ils ne lisent plus mon blogue. (p.168)

Je soupire en regardant mon écran de téléphone et ferme l’éditeur de mon blogue. J’aimerais pleurer, mais je suis incapable de le faire, je ne sais pas pourquoi. J’ai l’impression d’être la personne la plus plate du monde entier et la SEULE chose qui me rendait un tantinet intéressante ne semble plus intéresser personne. Je suis une has been . Mes quinze minutes de gloire sont terminées. (p.191)

Je pense que je dois me rendre à l’évidence : mon blogue se meurt à petit feu. À quoi ça me sert d’y publier des articles si personne ne les lit ? Je perds mon temps, c’est clair… Sauf que je ne peux pas m’empêche de le faire.  (p.276)

Ma chronique du tome 1 

Ma chronique du tome 2 


Le cœur en rétrograde de Pascale Hubert

Publié chez Groupe Lbrex le 13 mai 2026 320 pages Lu en format papier 4 e de couverture Je cogne ma tasse contre la sienne, pleine ...