Publié chez Hashtag le 6 avril 2026
142 pages
Lu en format papier
4e de couverture
Dans les allées de l’épicerie Bon Marché, les drames
ordinaires se rencontrent. À travers ce geste banal du quotidien – faire
l’épicerie –, on découvre des femmes aux prises avec leur mal de vivre. Entre
les rangées et les chariots se côtoient l’anorexie, le deuil, l’infertilité, la
monoparentalité, l’agoraphobie, la violence sexuelle, la solitude, la violence
conjugale. Le décor de chaque nouvelle est un lieu clos qui cristallise
l’enfermement des personnages en même temps qu’il leur permet de s’évader, de
se souvenir.
Avec Bon Marché, Stéphanie Michaud aborde des sujets
actuels et lève le voile sur des réalités invisibles : celles de femmes
qui tentent d’enfouir leur souffrance au fond d’elles-mêmes. Silencieuses,
elles avancent la tête haute alors que les vitres des congélateurs les forcent
à affronter leur propre reflet. Après tout, « la colère n’appartient pas
aux femmes ».
Mon avis
La 4e de couverture décrit parfaitement les
différentes nouvelles que contient ce recueil. Elles se déroulent toutes à
l’épicerie, mais chaque personnage aborde un thème qui sort de l’ordinaire. On
peut se questionner si on connaît vraiment nos voisins. La femme qui nous
sourit dans l’allée de la boulangerie cache peut-être une détresse que l’on
n’aurait jamais pu deviner.
C’est une œuvre féministe dans le sens que l’on aborde des
sujets sensibles et chaque protagoniste est une femme. Si vous manquez de temps
pour lire ou que vous éprouvez de la difficulté à vous concentrer, chaque récit
ne dure que quelques pages, alors c’est facile de prendre une pause sans perdre
le fil.
Je lis peu de nouvelles même si c’est le genre littéraire
que j’écris, mais j’ai bien aimé me rappeler des souvenirs des premiers emplois
et disons qu’on passe tous énormément de temps dans cet endroit.
Extraits
Sauf qu’elle n’aura probablement jamais à préparer de tels
lunchs. Elle n’aura peut-être pas l’occasion de couper des sandwichs en
triangle, de trancher le haut des fraises pour en faire des fleurs, d’ajouter
un petit dessert surprise ou de glisse dans la boîte à lunch un mot d’amour
inscrit sur un Post-it en forme de cœur. (p.13)
Les filles prudes ne sont jamais populaires. À l’école, les
prudes deviennent la risée de tous, même des filles. Tu lui souris, t’efforçant
d’étirer tes lèvres, et de les garder ainsi le temps qu’il te tourne le dos.
(p.27)
Parfois, tout ce dont les créatures vivantes ont besoin pour
s’épanouir est d’un peu d’attention. (p.37)
Parfois, Léonie aimerait travailler de nouveau en tant que
simple caissière à l’épicerie Bon Marché, comme à l’époque où elle faisait son baccalauréat
en éducation. Avant de devenir Madame, pour des centaines d’élèves. (p.49)
My god que la solitude des autres peut être pesante! QU’ils
la portent discrètement, tout comme toi et moi. On était des femmes seules,
mais on ne transformait notre détresse en commérage. (p.90)






