mardi 25 mars 2025

L’espoir en exil de François Guilbault


Publié chez les éditeurs réunis le 22 janvier 2025

360 pages

Lu en format papier

4e de couverture

 Février 1837. Nathanael Lamport, un Français émigré aux États-Unis, a
perdu sa femme et ses enfants de façon dramatique dans le Midwest américain. Accablé, il quitte le pays et part s’établir au Canada, où il nourrit l’espoir de se refaire une vie plus tranquille. Après un long et dangereux périple, il aboutit enfin dans le petit village de Sainte-Élégie, près de la frontière.


Nathanael décide de s’y installer et d’y défricher une terre, alors qu’il se lie d’amitié avec plusieurs des habitants. Il s’attache particulièrement à Manon Labrie, la forgeronne du village, ainsi qu’à Élise Arsenault, arrivée des États-Unis, tout comme lui. Alors que Nathanael cherche à fuir les hostilités et veut seulement vivre en paix, il ignore que les ennuis sont sur le point de le rattraper. En effet, la révolte gronde au sein de la population du Bas-Canada, tandis que les Patriotes se préparent à la rébellion.

Bientôt, la tension atteint son apogée et Nathanael ne peut plus échapper aux affrontements qui viennent frapper à la porte de Sainte-Élégie. Lui qui aspirait au bonheur dans les bras de son nouvel amour se retrouvera bientôt piégé dans des conflits lourds de conséquences qui ne laisseront personne indemne.

Mon avis

C’est toujours un plaisir de retrouver la plume de cet auteur dont j’ai eu la chance de lire toutes les œuvres et qui m’a permis de découvrir davantage certaines périodes historiques. On ressent le commencement de la rébellion des patriotes qui diffère de celle des États-Unis. On remarque que les canadiens francophones ont une opinion divergente de ceux anglophones et que quelque chose important se prépare.

J’ai apprécié le côté mystérieux de Nathanael qui prend du temps à se dévoiler et qui intrigue plusieurs villageois. Toutefois, je donne mon étoile du match à Élise à cause de son amitié avec Manon et j’avoue que je l’ai trouvé attachante.

Ce roman demande de la concentration, mais se lit bien si vous aimez l’histoire en général. Il contient un peu de romance. D’ailleurs, j’ai adoré suivre la relation entre Nathanael et celle qui a choisi. Je vous garde la surprise parce que je me suis questionnée à ce sujet à quelques reprises pendant ma lecture.

Extraits

Les Anglais avaient été rejetés à la mer et les Américains avaient pris leur destin entre leurs mains. Toutefois, les États-Unis n’avaient pas eu affaire à un autre peuple vivant dans son sein, comme le faisaient les descendants francophones de l’ancienne Nouvelle-France. (p.13)

Beaucoup de malheurs surviennent à cause de ces injustices, poursuivit-il, désaltéré. Il y a cinq ans, lors d’une élection dans le quartier Ouest de Montréal, il y a eut une rixe. Trois Canadiens ont été tués, durant la répression. Il y a plus de cinq mille personnes à leurs funérailles à l’église Notre-Dame. Les coupables comme toujours. (p.52)

Depuis son arrivée à Sainte-Élégie, il n’avait pas pris le temps de se délasser. Il avait encore moins investi dans l’établissement de rapports autres que ceux qu’exige la civilité. Même Manon aurait pu se plaindre qu’il se comportait comme un ours sauvage. Et il y avait en pris son goût inné de voyager. (p.106)

Un homme n’allait pas en Indiana pour y établir une école. Nathanel ne parlait pas que d’Antiquité. Sa conversation était tout bonnement plaisante. Il causait aussi facilement d’oiseaux, de loups, de plantes que de semis. Elle l’enviait d’avoir chassé le bison. Elle n’avait jamais vu cette bête légendaire. Néanmoins, elle se consolait en se disant qu’elle l’avait initié au sirop d’érable. (p.122)

Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, mademoiselle Manon. Tout ce que j’ai écrit jusqu’à présent est inachevé. C’est une pénible tâche dont je préfère garder les résultats secrets, pour l’instant. (p.156)

C’est plutôt mon histoire et mes choix que je revendique, sauf votre respect. Les nations peuvent se débrouiller sans moi. Je n’ai l’intention d’en diriger une, à court ou à moyen terme. (p.240)

Mon entrevue avec l'auteure 

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