Publié chez les
éditeurs réunis le 22 janvier 2025
360 pages
Lu en format
papier
4e
de couverture
Février 1837. Nathanael Lamport, un Français
émigré aux États-Unis, a
perdu sa femme et ses enfants de façon dramatique dans le Midwest américain.
Accablé, il quitte le pays et part s’établir au Canada, où il nourrit l’espoir
de se refaire une vie plus tranquille. Après un long et dangereux périple, il
aboutit enfin dans le petit village de Sainte-Élégie, près de la frontière.
Nathanael décide de s’y installer et d’y défricher une terre, alors qu’il se
lie d’amitié avec plusieurs des habitants. Il s’attache particulièrement à
Manon Labrie, la forgeronne du village, ainsi qu’à Élise Arsenault, arrivée des
États-Unis, tout comme lui. Alors que Nathanael cherche à fuir les hostilités
et veut seulement vivre en paix, il ignore que les ennuis sont sur le point de
le rattraper. En effet, la révolte gronde au sein de la population du
Bas-Canada, tandis que les Patriotes se préparent à la rébellion.
Bientôt, la tension atteint son apogée et Nathanael ne peut plus échapper aux
affrontements qui viennent frapper à la porte de Sainte-Élégie. Lui qui
aspirait au bonheur dans les bras de son nouvel amour se retrouvera bientôt
piégé dans des conflits lourds de conséquences qui ne laisseront personne
indemne.
Mon avis
C’est toujours un
plaisir de retrouver la plume de cet auteur dont j’ai eu la chance de lire
toutes les œuvres et qui m’a permis de découvrir davantage certaines périodes
historiques. On ressent le commencement de la rébellion des patriotes qui
diffère de celle des États-Unis. On remarque que les canadiens francophones ont
une opinion divergente de ceux anglophones et que quelque chose important se
prépare.
J’ai apprécié le
côté mystérieux de Nathanael qui prend du temps à se dévoiler et qui intrigue
plusieurs villageois. Toutefois, je donne mon étoile du match à Élise à cause
de son amitié avec Manon et j’avoue que je l’ai trouvé attachante.
Ce roman demande
de la concentration, mais se lit bien si vous aimez l’histoire en général. Il
contient un peu de romance. D’ailleurs, j’ai adoré suivre la relation entre
Nathanael et celle qui a choisi. Je vous garde la surprise parce que je me suis
questionnée à ce sujet à quelques reprises pendant ma lecture.
Extraits
Les Anglais
avaient été rejetés à la mer et les Américains avaient pris leur destin entre
leurs mains. Toutefois, les États-Unis n’avaient pas eu affaire à un autre
peuple vivant dans son sein, comme le faisaient les descendants francophones de
l’ancienne Nouvelle-France. (p.13)
Beaucoup de
malheurs surviennent à cause de ces injustices, poursuivit-il, désaltéré. Il y
a cinq ans, lors d’une élection dans le quartier Ouest de Montréal, il y a eut
une rixe. Trois Canadiens ont été tués, durant la répression. Il y a plus de
cinq mille personnes à leurs funérailles à l’église Notre-Dame. Les coupables
comme toujours. (p.52)
Depuis son
arrivée à Sainte-Élégie, il n’avait pas pris le temps de se délasser. Il avait
encore moins investi dans l’établissement de rapports autres que ceux qu’exige la
civilité. Même Manon aurait pu se plaindre qu’il se comportait comme un ours
sauvage. Et il y avait en pris son goût inné de voyager. (p.106)
Un homme n’allait
pas en Indiana pour y établir une école. Nathanel ne parlait pas que
d’Antiquité. Sa conversation était tout bonnement plaisante. Il causait aussi
facilement d’oiseaux, de loups, de plantes que de semis. Elle l’enviait d’avoir
chassé le bison. Elle n’avait jamais vu cette bête légendaire. Néanmoins, elle
se consolait en se disant qu’elle l’avait initié au sirop d’érable. (p.122)
Je ne crois pas
que ce soit une bonne idée, mademoiselle Manon. Tout ce que j’ai écrit jusqu’à
présent est inachevé. C’est une pénible tâche dont je préfère garder les
résultats secrets, pour l’instant. (p.156)
C’est plutôt mon
histoire et mes choix que je revendique, sauf votre respect. Les nations
peuvent se débrouiller sans moi. Je n’ai l’intention d’en diriger une, à court
ou à moyen terme. (p.240)
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