samedi 5 avril 2025

Quand tout part en fumée de Natacha Bouthillier


 

Publié chez Hugo Roman le 24 mars 2025

246 pages

Lu en format papier

4e de couverture

Êtes-vous prêts à jouer avec le feu ? Nelly vient tout juste de changer d’école pour accéder au programme de ses rêves: le cheerleading. Ses deux nouvelles complices, avec qui elle partage d’autres passions, lui présentent leur cercle d’amis, dont un hockeyeur qui ne la laisse pas indifférente. Ainsi s’ouvre la porte d’un univers très attrayant.

Mais tout n’est pas rose… Si, au départ, le plaisir est au rendez-vous, son expérimentation du vapotage ne tardera pas à engendrer des conséquences imprévues. Entre les relations tendues qu’elle entretient avec sa famille et les incertitudes entourant sa vie amoureuse, le monde de Nelly pourrait-il… partir en fumée?

Mon avis

Ce roman m’a rappelé des souvenirs d’une période de ma vie qui n’était pas la meilleure, mais qui m’a permis de me lier à Nelly. La seule exception est que dans mon temps, c’était les cigarettes et non des vapoteuses. On mentionne que la mère de Nelly en prenait, alors c’est assez difficile de ne pas se dire si ma mère le fait, pourquoi pas moi, c’est encore plus tentant quand tes amies le font aussi.

Ce que j’ai apprécié du roman est qu’il ne donne pas nécessairement une leçon, mais il peut porter à l’adolescent à réfléchir aux conséquences du vapotage. Ce n’est pas le seul sujet d’ailleurs, Nelly voit la relation compliquée entre sa mère et son beau-père et vit une relation amoureuse avec un hockeyeur en plus de devoir créer de nouvelles amitiés à son école.

Le livre cible spécialement les adolescents, mais je l’ai adoré en tant qu’adulte. Dans mon cas, je me suis souvenue de cette époque et les parents d’enfant de ce groupe d’âge pourront en discuter avec eux après la lecture.

Extraits

Je ne suis pas encore aussi proche des filles de mon groupe. C’est normal. Ce n’est pas facile de s’intégrer en cours de route dans un groupe formé et soudé depuis longtemps déjà. (p.15)

J’avais besoin d’un nouveau défi. Je sentais que j’avais fait le tour, dans mes cours de gymnastique. J’en avais assez d’avoir un air toujours ultra sérieux et concentré durant mes performances. Travailler mes routines en solo devenait lourd. Je rêvais d’une vraie collaboration en équipe et de m’amuser davantage. (p.22)

Finalement, le petit jus de mon amie se boit plutôt bien. Moi, j’y vais mollo sur l’alcool..Je n’ai bu que de l’eau et des boissons gazeuses depuis ma première consommation de la soirée. Je n’oublie pas que je me lève tôt demain et je veux rester en pleine possession de mes moyens pour atteindre mon objectif de la soirée. Je me sers quand même un peu de punch pour me donner du courage, car j’aperçois justement ma cible. (p.78)

Comme une impulsion, j’ai envie de vapoter un peu..avant de faire la route du retour en compagnie du chum à ma mère. Pour me calmer, pour reprendre mes esprits. (p.119)

vendredi 4 avril 2025

Entrevue avec Laurence Côté

 

Biographie

Orthopédagogue de la région de Québec, Laurence Côté est l’auteure des séries jeunesse Marée Lahoule et Charles Tempête. En 2023, son livre Marée Lahoule: Sur les traces du campeur disparu a été lauréat dans la catégorie Roman 9 à 12 ans pour les Prix littéraires des enseignant·e·s de français.

Crédit : Pratico Edition Nos auteurs - Pratico Edition

Questions

Quelles sont vos inspirations lorsque vous écrivez ?

Tout ce qui se passe autour de moi ! Pour mes romans jeunesse, ce sont mes élèves au quotidien qui me fournissent tout plein d’idées, je m’inspire de leurs goûts, de leur quotidien et de leurs anecdotes (souvent très drôles). Pour le Poids des non-dits, j’ai littéralement volé des bouts d’histoire à mes amies proches et à mes grandes élèves que j’ai gardé en mémoire au fil du temps ! Je voulais vraiment écrire un roman qui démontre l’intensité des débuts de relation, et l’importance de la communication, d’écouter sa petite voix, d’apprendre à se faire confiance et à se connaître afin d’éviter de tomber dans ce type de tourbillon !

Quels défis avez-vous rencontrés pendant l’écriture de Le poids des non-dits ?

J’étais en congé de maternité, donc de concilier l’écriture avec les siestes de bébé, ce n’était pas toujours évident ! J’ai aussi dû me faire valider auprès d’amis/collègues/élèves qui ont vécu ce semblant d’histoire puisque ce n’était pas ma réalité (loin de là) ! Je voulais donc m’assurer de bien illustrer la situation, m’assurer que c’était « crédible » et que le plus de gens possible pourraient s’y retrouver, que ça leur parlerait à un moment ou à un autre de leur vie. Je voulais aussi transmettre un message d’espoir.

Quels conseils donneriez-vous à un nouvel auteur ?

De se lancer ! Go, écrire, ne pas trop réfléchir et essayer ! Toutes les idées peuvent aboutir ! Surtout, ne pas se mettre de pression, ça tue l’inspiration !

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans l’écriture ?

Au départ, j’ai voulu écrire un « petit texte » pour mes élèves avec qui je travaillais la lecture, sans leur dire que c’était mes mots. Je voulais les intéresser, leur créer une petite histoire à leur image et à ma grande surprise, ils m’en redemandaient à chaque rencontre. J’ai donc continué à écrire et ça donné mon premier roman jeunesse, puis les tomes suivants. J’ai également voulu créer une série pour mes plus petits élèves, dans le même principe. Finalement, pour le Poids des non-dits, j’avais envie d’écrire pour mes amies et les mamans de mes élèves !

Écrivez-vous avec de la musique ? Si oui, avez-vous une chanson fétiche ?

Toujours ! Mes listes de lecture et les styles varient selon ce que j’écris ! D’ailleurs, Le poids des non-dits a sa propre liste de lecture sur Spotify (Roman : Le poids des non-dits)

Quels sont vos prochains projets ?

En 2025, j’ai 5 romans qui sortent ! Le Poids des non-dits (mars 2025), le tome 3 de Marée Lahoule (mai 2025), Les tomes 2 et 3 de Charles Tempête à l’automne (septembre et octobre 2025) et finalement, une romance de Noël prévue aussi pour l’automne ! J Et.... j’ai aussi déjà des projets pour 2026 !


jeudi 3 avril 2025

Les ombres d’Août de Marie-Pier Favreau-Chalifour

 

Publié chez VLB Éditeur le 10 mars 2025

216 pages

Lu en format papier

4e de couverture

Je couve l'événement en le gardant intact, au fond de moi, en le nourrissant de mes spéculations et de mes peurs. Sans me l'avouer, j'imagine qu'un jour, il sera enfin prêt à vivre sa vie. Je lui donne un âge. Cela veut dire que je le commémore, peut-être. Ça fait dix-huit ans que c'est arrivé.

La narratrice est seule chez elle. Le souvenir trouble d'une journée d'été affleure à ses pensées. Qu'a-t-elle a vu, à douze ans, dans ce sous-sol de bungalow? Plongée dans une sourde rumination, elle se demande si les femmes et les filles sont jamais à l'abri
du désir, des dangers qu'il comporte.

Mon avis

Même si le livre est court, j’ai éprouvé de la difficulté à embarquer dans l’histoire qui demande énormément de la concentration avec les retours entre le présent et le passé. Je recommande de créer une bonne ambiance pour bien comprendre.

Comme la protagoniste a une relation compliquée avec sa mère, que je trouve froide, j’ai pu connecter à ce sujet avec elle. On voit qu’elle vit avec un traumatisme qu’elle traîne depuis plusieurs années et qu’elle ne se lie pas facilement même avec K, son petit ami. On remarque qu’elle tient à lui, mais elle se distancie bien qu'il fasse son possible pour lui améliorer la vie.

La protagoniste demeure mystérieuse jusqu’à la toute fin. J’avais hâte de découvrir ce qu’il s’était passé le soir où elle gardait. Malgré tout, je trouve qu’elle s’en est bien sortie et ses défauts gardent l’histoire intéressante.

Par contre, je n’ai pas du tout aimé sa mère qui me donne froid dans le dos juste à l’imaginer. Je vous avoue qu’on se retrouve loin de la matriarche que l’on voit habituellement dans les romans.

Je recommande de ne pas être fatigué pour le lire, mais le livre est bien écrit et plusieurs chapitres m’ont rejoint. Je crois que cela risque d’être le cas pour plusieurs même si la narratrice vit des événements hors du commun.

Extraits

En naviguant sur mon ordinateur portable, j’ai trouvé facilement la vidéo que je voulais revoir. Avant de la visionner à nouveau, je me suis installée dans la salle à manger, en prenant soin de tirer les rideaux. J’ai aussi baissé le volume au minimum, juste assez fort pour que je puisse entendre la bande sonore. (p.9)

Nos mères. Dans notre enfance, il faut les supporter, puisqu’on n’a pas la force d’avoir le dessus sur elles. Plus tard, on les évite, car on n’a toujours pas la force d’avoir le dessus. Les mères sont intouchables. Elles sont saintes. Quoi qu’elles fassent, elles sont toujours protégées par leur aura de mère. On peut s’en plaindre, à condition de porter contre elles des accusations qui soient sages. (p.16)

Je pourrais fuir maintenant. Quitter cette famille qui m’est insupportable à cause de son bonheur. La proximité qui y règne ne cesse de me rappeler qu’il existe un point de non-retour, un point au-delà duquel l’amour dépasse les limites et tombe dans l’horreur. Je reste malgré tout, car je sais bien, au fond, qu’ils ne sont coupables de rien. (p.22)

Je ne désirais pas réellement devenir propriétaire. C’était une décision stratégique. Je voulais signifier à mon entourage que j’étais capable d’indépendance, d’avancer socialement. J’avais peut-être un retard apparent dans la vie-je n’ai jamais occupé un emploi stable, je n’ai pas eu de conjoint sérieux avant K., et j’ai obtenir mon permis de conduire à l’âge de rente ans, mais cela ne m’empêchait pas d’acquérir une propriété et de m’assurer ainsi une sorte de sécurité financière. (p.25)

Le fait de travailler à la maison me permet de mieux préparer le rôle que j’ai à jouer quand je sors de chez moi, que ce soit pour une réunion mensuelle, pour voir le médecin ou me rendre à la pharmacie. Je peux choisir à l’avance ce que je vais porter, répéter mes répliques comme une actrice, ma façon de me présenter face à mes « adversaires ». Je visualise surtout mentalement mon arrivée dans une pièce où je sais à l’avance qu’il y aura des gens avec qui je devrai interagir. (p.40)

 


mardi 1 avril 2025

À perpétuité – Reste de Marilou Addison

 

Publié chez les éditions de Mortagne le 13 mars 2025

296 pages

Lu en format papier

4e de couverture

Après la pluie… le beau temps ? En théorie, Sofia devrait flotter sur un nuage et profiter de ses fiançailles avec Cash, mais un mauvais pressentiment habite la jeune femme.
Et s'ils se lançaient dans le vide trop rapidement ? Après tout, pourquoi précipiter les choses alors que tout va si bien entre eux ?
Surtout que Cash est encore obsédé par ses démons…
Même si la passion est toujours au rendez-vous entre les deux amants et que leur amour dévorant se renforce de jour en jour, Sofia est incapable de se départir de ses doutes.
Le passé finira-t-il par avoir leur peau ?

Il me donne un baiser dans le cou, et je fonds. Tandis qu'il marmonne, ses lèvres parcourant ma peau :
— Toi… et… moi… pour… toujours…
Je ferme les yeux et le laisse continuer son petit manège. J'essaie d'écarter ma peur. De me convaincre que rien ne pourra jamais détruire ce qu'on est en train de construire.

Mon avis

J’avais hâte de découvrir le dénouement de la relation entre Sofia et Cash qui n’a pas commencé d’une manière conventionnelle. Je vous recommande de lire le premier tome avant pour combien comprendre leur complexité et complicité, car cela ne ressemble pas aux romances contemporaines habituelles. D’ailleurs, j’en profite pour remercier l’auteure de me sortir de ma zone de confort.

Dans ce tome-ci, j’ai l’impression qu’on retrouve le Cash d'avant, celui qui m’avait fait frissonner que cela soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons. J’adore ce qu’il m’a fait ressenti pendant ma lecture, mais ses démons me feraient reculer dans la réalité. J’apprécie juste le fait qu’il me change les idées de ma routine quotidienne.

Sofia se fait davantage confiance depuis le début. Cela peut lui jouer des tours puisque cela ajoute des montagnes russes à la relation amoureuse et il est probable qu’elle renoue avec d’anciennes amitiés. Je vous laisse découvrir si cela est une bonne ou une mauvaise chose. Le seul indice : Cela apporte du piquant à l’histoire et j’ai éprouvé de la difficulté à déposer le livre.

Ce bouquin contient plusieurs scènes intimes et pour cette raison, je le suggère pour un public de 16 ans et plus puisqu’elles sont assez détaillées. Cela démontre la complicité entre les protagonistes, mais je tenais à vous en aviser.

Extraits 

Est-ce une manigance pour m’isoler afin de me forcer à discuter du mariage ? J’aimerais avoir le courage de lui poser la question, mais ça ouvrirait une conversation que je préfère éviter.. (p.30)

Pour la première fois de ma vie, je me débrouille. Je paie mon appartement toute seule et je suis autonome à cent pour cent. Avant, je devais prendre soin de ma mère. Maintenant, j’ai envie de prendre soin de moi et je..j’ai peur qu’en partant d’ici, je perde tout ça. (p.85)

Parce que..parce qu’on vient pas du même monde ! Parce qu’il pourrait trouver tellement mieux que moi ! Pour mille autres raisons ! Les gens finissent toujours par partir, Pierre-Louis. C’est immanquable..(p.143)

Mais t’as pas confiance. T’es tellement sûre qu’il va finir par te laisser que tu remets tout en doute. Et t’hésites. (p.143)

Je me suis tellement ennuyée d’elle. Je n’osais pas me l’avouer, mais c’est fou comme j’ai l’impression qu’il me manque une partie de moi-même, depuis qu’elle n’est plus dans ma vie. Et elle a beau avoir commis des erreurs, m’avoir blessée plus qu’elle ne l’aurait dû, je suis à peu près certaine qu’elle n’a jamais été mal intentionnée.  (p.219)

Ma chronique du premier tome 

Mon entrevue avec l'auteure 


Quand tout part en fumée de Natacha Bouthillier

  Publié chez Hugo Roman le 24 mars 2025 246 pages Lu en format papier 4 e de couverture Êtes-vous prêts à jouer avec le feu ? Nell...