mardi 5 décembre 2023

Entrevue avec Caroline Côté

 

Biographie

Caroline Côté est une cinéaste d’aventure et athlète de longue distance. Filmer dans des lieux naturels, éloignés et aux particularité environnementales complexes est non seulement une passion, mais aussi sa spécialité. Par le biais de son travail, l’aventurière souhaite conscientiser les gens au sujet de la conservation de la nature et du dépassement de soi. Elle a également suivi une formation en publicité et a complété des études dans le domaine du cinéma et de la communication.

Questions

D’où vous vient votre passion pour le cinéma ?

Mes études étaient en cinéma donc j’ai commencé à faire du cinéma lorsque j’étais au cégep Édouard Montpetit. Ça vient de mon envie de changer les choses avec une caméra, d’amener le monde à devenir meilleur avec des petits gestes. Je trouve que je suis une personne créative, alors le cinéma m’a toujours intéressée, c’est une forme d’art qui me rejoint, qui n’est pas très directe, qui laisse rêver. J’ai toujours eu une attirance pour les contes, les histoires, les légendes parce que les meilleurs moments que je me rappelle de ma jeunesse, c’est lorsqu’on s’assoyait autour du feu avec ma petite sœur et qu’on partageait tout cela. Je crois que c’est venu de là le goût de raconter les histoires qui m’arrivaient sur la route.

Pourquoi avoir décidé d’aller en Antarctique ?

J’ai décidé d’aller en Antarctique parce que cela représente pour moi la solitude et j’avais envie de découvrir mes limites. C’est l’endroit le plus froid, le plus sec, le plus venteux du monde et ça laisse de la place à la créativité. C’est du blanc partout, on ne peut pas s’en échapper, on doit passer sur nous-mêmes et réfléchir. Qui dans la vie va avoir 30 jours pour être seule ? C’est un des rares endroits où on peut l’être pendant aussi longtemps. J’y suis déjà allée en 2014 et 2019 lors de deux autres expéditions.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaiterait organiser une expédition dans cette région ?

Pas facile d’organiser une expédition dans cette région, c’est vraiment d’y aller étape par étape, faire des petits pas, s’entourer d’experts et ne jamais se décourager lorsqu’on a l’impression que le projet n’avance pas. C’est comme cela qu’on va se rendre à faire une expédition d’envergure. C’est rempli de petits détails, alors il faut penser à chaque petite chose avant de partir. En gros si on n’y va petit pas par petit pas on peut arriver à créer notre grand projet. Je suggère d’aller faire des microaventures au Québec avant de passer en milieu froid comme ça. C’est important de se sentir à l’aise de dormir dans une tente et préparer sa nourriture. Voilà ce que je donnerais comme conseils.

Quels défis avez-vous rencontrés pendant votre voyage ?

Pendant mon voyage, j’ai rencontré quelques défis. Mon ski s’est détaché de la fixation. Il a fallu que je le répare avec de la colle. Je n’avais aucune manière de savoir si je pouvais finir mon expédition. Mon panneau solaire qui recharge mes appareils électroniques qui a cassé. C’était difficile à gérer, très stressant parce qu’on amène juste une paire de skis. On est très léger, c’est ce qui est difficile de voir son équipement brisé. Cela veut dire que je vais peut-être devoir être secourue.

Qu’est-ce que vous souhaiteriez que les lecteurs retiennent en terminant votre livre ?

Ce que je voudrais que les gens retiennent en finissant mon livre, c’est de ne pas penser que je suis quelqu’un qui sort de l’ordinaire. Je viens de la banlieue de Montréal, je n’ai pas commencé à faire du sport très jeune, je n’étais pas dans une famille d’aventurier, j’ai quand même réussi à aller jusqu’au bout. C’est peut-être juste de dire quand on a un grand rêve, qui n’a pas nécessairement un lien avec le plein air, on peut se rendre là, on peut y arriver. Si on a un projet de passion qu’on veut rendre réel.  On a tous les moyens de pouvoir y arriver, je n’étais pas la personne la plus outillée à la base pour faire ce défi-là et j’y suis arrivée.

Quels sont vos prochains projets ?

Je vais accompagner Vincent qui va faire la même expédition que moi en décembre et ensuite je vais allée dans le nord de la Norvège pour faire un documentaire sur la culture Sami et sur la Laponie. J’ai envie d’apprendre sur cette culture-là pour comprendre comment il gère le froid. C’est un peuple qui vit avec les rennes, donc c’est des gens qui sont assez nomades.


jeudi 30 novembre 2023

Mont Mirador de Myriam Beaudoin

 

Publié chez Leméac le 4 octobre 2023

176 pages

Lu en format papier

4e de couverture

Tandis qu’un véritable tsunami de boue balaie une partie du territoire, une femme, secourant de justesse un frêle enfant, entreprend de sauver sa peau en se dirigeant vers la seule colline des environs assez élevée pour servir de refuge. Mais il se trouve que, non loin de ce mirador, un ermite vit en loup solitaire depuis des décennies : protégeant jalousement le havre de paix qu’il s’y est construit en secret, il craint plus que tout la présence humaine, par essence destructrice.

Mon avis

On suit le périple de Marie, Noé et François dans un univers post-apocalyptique qui donne froid dans le dos. On est loin de l’horreur, mais quelques éléments mentionnés par l’auteure portent à réfléchir sur l’avenir de la planète. Heureusement, il y a quelques passages où les personnages se remémorent des événements avant la fin du monde ce qui donne la chance au lecteur de sourire et de se reconnaître davantage à Marie.

Je sépare mon étoile du match en deux. Marie en mérite une pour sa détermination et sa persévérance à continuer son chemin vers le Mont Mirador tout en prenant soin d’un enfant qui ne dit pas un mot. La deuxième irait à Noé tout simplement parce qu’il apporte un peu de douceur à l’histoire. Il ne fait que quelques apparitions, mais j’ai trouvé ses scènes avec Marie touchantes.

L’auteure a un talent pour les descriptions sans trop en mettre pour décourager le lecteur et j’apprécie la diversité du vocabulaire qu’on retrouve dans ce roman. On peut remarquer le travail qui se trouve derrière chaque mot. Si vous aimez les histoires de résilience qui vous feront réfléchir, je vous le recommande.

Extraits 

Moment parfait pour allumer le cierge de Marie sur lequel brillerait jusqu’à l’aube la dorure des mots : Love, pray and hope. (p.61)

Soudain, fixant le dôme formé par le large corps retourné de Marie, il repense à la charpente de fer et de tissu édifiée près de l’autel un soir de Noel. Faiblement éclairée, cette tente arrondie abritait des enfants censés être figés pour la cérémonie. Il s’agissait de la dernière crèche vivante qu’avait vu François, sa dernière fois à l’église aussi, parce que, dans une des rangées, l’une des voisines avait confié, son petit à Lison Beauchêne, « qui fait chambre à part depuis très longtemps parce que sa femme est trop folle pour remplir son devoir martial, couche avec la veuve à Joseph. ». Ce scandale du 25 décembre s’était répandu comme le feu dans une grange. (p.124)

Laisse -toi aller, souffle Marie. Fais comme eux autres qui ne se cachent pas pour pleurer. (p.140)


mercredi 29 novembre 2023

Le parfait biscuit de Julie Brassard


 

Publié chez Andara le 3 octobre 2023

240 pages

Lu en format papier

4e de couverture

Lanie Leblanc ne fête plus Noël. La magie a disparu. Les traditions familiales aussi. La mélancolie a vite remplacé les festivités lorsque sa tante Clary, de qui elle était très proche, est décédée de la leucémie. À 28 ans, la jeune femme ne craint plus la solitude, au contraire. Mais cette année, le mois de décembre promet d’être… différent. D’abord, sa meilleure amie les a inscrites toutes les deux à « L’atelier du parfait biscuit ».

Pourtant, Meg sait très bien que Lanie ne peut pas manier de la farine sans en mettre partout ! Ensuite, l’amour semble cogner à sa porte. Ce n’est pas un, mais deux hommes qui lui démontrent de l’intérêt. Les émotions sont multiples.

Mon avis

Comme je l’avais mentionné dans ma chronique de la dernière romance de Noël, j’ai une opinion semblable à la Lanie des premiers chapitres au sujet de cette période. Bien qu’on aille 10 ans d'écart, je me suis reconnue en la protagoniste et pas seulement à cause de son sentiment envers Noël, mais aussi pour sa passion pour la littérature, son anxiété quand sa routine change et ses craintes quand elle souhaite vivre une relation amoureuse. Les hésitations de Lanie m’énervaient un peu, car je réfléchis de la même façon avant de prendre une décision difficile.

Si vous lisez ce type de romance ou que vous regardez les films, vous n’allez pas découvrir de surprises. Toutefois, l’histoire est simple et fait du bien à l’âme, ce qui est le but lorsqu’on choisit d’ouvrir un bouquin qui se déroule dans cette période de l’année.

J’apprécie que les biscuits soient le thème central, c’est ce qui rapproche les deux protagonistes. Je ne vous dévoilerais pas davantage, mais cela me change de mes lectures habituelles. Comme la 4e de couverture le mentionne, Lanie doit choisir entre deux hommes et l’auteure nous réserve quelques surprises à ce sujet. Mon étoile du match va à Ben, qui représente non seulement la sécurité que Lanie recherche, mais qui possède beaucoup de qualités que plusieurs femmes aiment. Mathieu m’a étonné avec sa détermination. Il me donne l’impression que lorsqu’il veut quelque chose, il persévère tant qu’il n’aura pas atteint son but. Pour cette raison, il se trouve en troisième position.

Avec le rythme effréné de cette période de l’année, je vous le recommande si vous souhaitez ralentir un peu et vous aidez à vous changer les idées. L’auteure a réussi à bien représenter l’esprit des Fêtes en n’allant pas dans de longues descriptions.

Extraits

À l’époque de tante Clary, j’aspirais à voyager et à répéter ses aventures toutes aussi incroyables les unes que les autres. Elle était mon héroïne, mon modèle d’inspiration. Au lieu de ça, j’ai préféré choisir l’option des études en technique en documentation plutôt que d’acheter mon premier billet d’avion. Et au lieu de visiter des contrées éloignées, j’ai développé une réelle obsession pour les livres de toutes sortes. Je ressentais tout de même un grand besoin de m’évader, mais surtout d’oublier. (p.14)

Les livres sont devenus plus qu’un refuge. J’avais enfin la sensation de me remettre à vivre, à espérer et à oublier cette partie terne de mon âme. Tout reprenait vie, mes émotions aussi. Que dire de mes relations amoureuses fictives ! Je me suis entichée de certains personnages masculins..à plusieurs occasions. Quand j’y repense, ça me fait rire. J’étais si heureuse en compagnie de mes livres que j’en ai fait ma vocation. (p.28)

La magie de Noël m’a quittée depuis trop longtemps. Comment pourrais-je renouer avec celle-ci ? Est-ce que j’en ai seulement le désir ? Pour être franche, je ne crois pas. (p.48)

Mon entrevue avec l'auteure 

mardi 28 novembre 2023

L’appel de l’Antarctique de Caroline Côté

 


Publié chez les éditions Goélette le 9 novembre 2023

160 pages

Lu en format papier

4e de couverture

En décembre 2022, Caroline Côté a entrepris le plus grand défi de sa carrière soit de parcourir seule, sans assistance et à skis, les 1100 kilomètres séparant Hercules Inlet du pôle Sud. L’aventurière rêve de fracasser le record du monde détenu depuis 2016 par la Suédoise Johanna Davidsson.

Au terme de 33 jours, 2 heures et 53 minutes, Caroline Côté a pulvérisé le record de vitesse féminin en défiant le parcours dans des conditions polaires extrêmement difficiles. Elle raconte son aventure dans cet ouvrage, de la préparation au spectaculaire dénouement, mais aussi ses sources d’inspiration et de motivation.

Mon avis

En 2022, je m’étais mis comme défi de lire davantage de biographies ou des récits de femmes inspirantes et j’ai continué cette année. Je vous dirais que ce livre fait partie de cette liste. Je ne partirais pas pour l’Antarctique demain matin, mais l’histoire de Caroline pourrait vous motiver à vous dépasser, peu importe, son objectif. Je crois que la vie serait ennuyeuse, si on ne sort jamais de sa zone de confort.

Je suggère de vous le procurer en format papier, car les photos de cette région sont stupéfiantes. Si vous le lisez en hiver, vous allez pouvoir vous réconforter en vous disant que la température n’est pas si pénible finalement et cela pourrait être pratique pour se rafraîchir les idées pendant les canicules l’été.

J’aime que l’auteure détaille les phases avant son périple, ce qui peut faire réaliser au lecteur qu’il y a plusieurs petites étapes à franchir avant d’atteindre un but comme celui-là. Elle mentionne aussi les hauts et les bas qu’elle a vécu et n’hésite pas à être honnête en citant les moments de découragement. En montrant son côté humain, je crois que les lecteurs pourront s’attacher davantage à elle et pourront se reconnaître dans certains points.

Les chapitres sont écrits par date et j’ai été surprise avec la rapidité que le voyage s’est déroulée. J’ai pris des pauses pour respirer. J’ai été impressionnée plus d’une fois par les efforts que l’auteure a mis pour dépasser ses limites. Je pense que peu de gens auraient réussi à en faire autant. Je la remercie de m’avoir fait rêver le temps que je parcours son œuvre et je lui souhaite autant de succès dans ses prochains projets.

Extraits

Contrairement aux histoires de princesses que l’on pouvait lire aux enfants à l’époque, ma sœur nous transportait dans l’univers des coccinelles et des lions ayant élu domicile dans un champ de maïs. L’odeur de brûlé se répandait dans nos narines, nous faisant réaliser que nous étions si absorbés par le conte que nous avions oublié de retourner notre fameuse collation sucrée. (p.8)

J’ai retenu de mes lectures que la capacité à nous adapter à notre environnement peut atténuer l’anxiété. La production de sérotonine dépend beaucoup de notre capacité à agir face à l’adversité et aux conditions extérieures incertaines, mais aussi à donner du sens au changement. À pouvoir se projeter dans l’avenir tout en simulant les conséquences positives de nos actions présentes sur notre futur. (p.41)

Mon partenaire est mon équivalent. Nous traversons la tempête, et ensemble, nous parvenons à nous en sortir. Je n’ai jamais eu de problème à trouver ma place dans le monde de l’aventure. Mon désir caché, au fond, c’est peut-être ça. Arriver à rendre au genre féminin sa juste place. C’est peut-être pour cette raison que je veux aller au bout du monde. (p.70)

Ne pas oublier d’accomplir les épreuves avec plaisir et passion tel un enfant qui s’amuse lors d’un jeu. (p.102)


vendredi 24 novembre 2023

Qimmik de Michel Jean

 

Publié chez Libre Expression le 18 octobre

224 pages

Lu en format papier

4e de couverture

« Depuis cinq mille ans, l'inuktitut et le jappement des qimmiit résonnent dans le Nunavik. La vie y est cruelle. Mais c'est ce qui la rend belle. Précieuse. » Entre la taïga et la toundra, un jeune couple inuit du Nunavik se découvre et apprend à s'aimer. Accompagnés de leurs chiens, les qimmiit, Saullu et Ulaajuk parcourent un continent encore sauvage, tous libres et solidaires. Quelques décennies plus tard, une avocate est dépêchée sur la Côte-Nord pour défendre un meurtrier inuk dont les victimes sont d'anciens policiers de la Sécurité du Québec. Sa quête de justice l'emmènera au-delà de ce qu'elle avait imaginé.

Mon avis

C’est le deuxième livre que j’ai lu de cet auteur. J’avais aimé Kukum que j’avais découvert lorsque je voulais apprendre davantage sur la culture autochtone. Cette fois-ci, il s’agit d’une histoire à deux voix : Celle d’Ève, une avocate de Montréal qui est liée à une cause qui se déroule dans la Côte-Nord et celle de Saullu qui décrit son périple dans le nord avec son conjoint et qui vivent de chasse et de pêche et qui survivent grâce à leurs chiens qui les transportent où ils souhaitent aller.

Bien que j’apprécie les deux protagonistes puisqu'elles sont deux femmes fortes qui doivent affronter des défis complètement différents, j’ai une préférence pour Ève. J'ai noté que j'avais plus de points en commun avec elle. Pourtant, sa situation n'est pas de tout repos et je crois que c’est ce qui m'a le plus marqué dans le bouquin. Toutefois, le récit Saullu est tout aussi fascinant et m’a permis d’apprendre des aspects d’un style de vie qui diffère du mien et qu’on retrouve peu dans les œuvres québécoises. D’ailleurs, j’en profite pour remercier l’auteur d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion.

Les chapitres sont courts et vont directement au but et contiennent assez de description pour que le lecteur puisse aisément s’imaginer l’univers dans lequel les protagonistes évoluent. J’étais curieuse de découvrir ce livre, car les chiens ont toujours fait partie de ma vie et que le thème abordé me touchait. Je craignais avoir la larme à l’œil du début à la fin, mais l’auteur mentionne surtout l’importance que les qimmiit avaient dans la vie des Inuit.

Je vous avoue que je suis sortie de ma zone de confort, mais tout comme lorsque j’ai lu Kukum, j’ai appris des éléments qui m’a permis de mieux comprendre l’humain que cela soit dans ses beaux et ses mauvais côtés. Si vous cherchez une lecture qui vous permettra d’affiner votre point de vue, je vous le recommande.

Extraits

Depuis cinq mille ans, l’inuktitut et le jappement des qimmit résonnent dans le Nunavik. La vie y est cruelle, Mais c’est ce qui la rend belle. Précieuse. (p.14)

Un chien est considéré au même titre qu’un humain, il appartient au clan comme un frère, mais il ne nous viendrait pas à l’idée de le faire entrer dans la tente ou l’igloo. Qimmiit et humains s’entraident. Chacun a son rôle et sa place. (p.26)

Demander à un chien d’arrêter de te lécher donne l’habitude le résultat inverse, et Qimmik pose ses grosses pattes sur mes épaules. Je réfugie ma tête dans sa fourrure pendant qu’il me lèche de plus belle. (p.62)

Le feu nous éclaire dans l’obscurité. Les parfums de viande grillée se répandent. La chair du poisson a un goût fumé. Nous nous couchons, le ventre plein. Ulaajuk serre mon corps contre le sien. Sa peau est d’une douceur infinie et ses caresses chassent les incertitudes qui guettent nos vies. Est-ce cela, ce qu’on appelle le bonheur ? (p.110)

 


mercredi 22 novembre 2023

Il était une fois en décembre – Romane de Marie-Krystel Gendron

 

Publié chez les éditeurs Réunis le 18 octobre 2023

368 pages

Lu en format papier

4e de couverture

Célibataire endurcie, Romane, 28 ans, n’a jamais connu le grand amour. Celui qui bouleverse et chavire. Depuis toujours concentrée sur ses études, puis sur son travail, elle n’a jamais été suffisamment intéressée par les élans du coeur pour qu’elle s’y attarde sérieusement. Alors que les fêtes de fin d’année approchent, elle reçoit une offre qui ne manquera pas de stimuler la carriériste en elle. Maintenant engagée comme aide-pâtissière par la très réputée Véronique Leclerc, elle mettra tout en oeuvre pour faire ses preuves auprès de sa nouvelle patronne.

Déployant toutes ses énergies sur son nouveau défi, elle se verra cependant ébranlée par l’arrivée d’un mystérieux nouveau livreur à la pâtisserie. Cet homme, qui viendra complètement transformer sa façon de voir la vie, semble toutefois dissimuler un lourd passé, ce qui ne manquera pas de susciter bien des questionnements chez Romane. Pourtant, une attraction singulière l’obligera à tout tenter pour se rapprocher de lui. Le temps serait-il enfin venu pour elle de plonger dans une histoire passionnée qui, assurément, bousculera ses plans… et son existence tout entière ?

Mon avis

Je commence cette chronique en vous avouant que je ne suis pas une grande amatrice du temps des Fêtes (incluant le mois de Décembre), alors ce n’est pas la raison pour laquelle je souhaitais lire cette œuvre.  Effectivement, cela peut faire du bien à l’âme de lire une romance pendant cette période, mais c’est le fait que Romane n’avait jamais ouvert son cœur à qui que ce soit qui m’intriguait.

Je donne mon étoile du match à la protagoniste. J’ai bien aimé son évolution. Elle pouvait paraître froide avec les hommes au commencement, mais en apprenant davantage sur son passé, on finit par la comprendre. Je ne dirais pas que Marie-Krystel Gendron a trouvé une raison hors de l’ordinaire. Toutefois, elle a réussi à tourner le tout d’une manière intéressante qui gardera le lecteur captivé jusqu’à la dernière page.

Je pense que l’auteure a bien décrit cette période de l’année, je pouvais m’imaginer me promener aux mêmes endroits que les personnages et ressentir leurs émotions. Je le recommande si vous aimez les films Hallmark et cela fait du bien de voir ce genre de littérature du côté québécois, alors qu’elle pullule du côté anglophone.

Bien que le roman contienne de nombreux clichés de la romance, j’ai autant ri que pleurer avec Romane et Malcom et j’étais curieuse de connaître le dénouement de leur relation. Je n’ai pas noté de temps mort et je me suis attachée à la majorité des personnages surtout au couple. J’ai eu un faible pour le côté mystérieux de Malcom.

Extraits

Le nez plongé dans leur téléphone cellulaire, les bras chargés de paquets, expliqua Romane, ils avancent sur la chaussée sans même prendre le temps de profiter du beau temps ! On n’en est qu’au premier jour de décembre, et déjà ils semblent angoissés de ne pas arriver à temps à Noël. (p.9)

Bien évidemment qu’elle n’avait pas que son travail en tête ; seulement il lui fallait bien admettre, il s’agissait du volet qu’elle mettait en priorité dans son horaire. Peut-être un peu parce qu’elle était carriériste, beaucoup aussi parce qu’elle n’avait jamais totalement su s’ouvrir et que les relations amoureuses lui semblaient beaucoup trop compliquées pour rien. Les quelques hommes qu’elle avait connus jusqu’ici ne lui avaient jamais suffisamment fait chavirer le cœur pour qu’elle leur accorde une place plus importante dans sa vie.  (p.37)

Moi qui essaie d’oublier que ma jeunesse est maintenant loin derrière, pourrais-tu ne pas me rappeler que j’ai déjà commencé à rider, s’il te plaît ? (p.57)

… j’aime seulement affronter mes peurs ! Si on abandonne à la moindre appréhension, on n’ira pas bien loin ! (p.84)

À vingt-huit ans, tu n’as encore jamais donné ton cœur à qui que ce soit, et ça te réussit plutôt bien, je trouve ! Bon, je sais que tu t’es rapprochée de Malcom, mais reste à voir si tu le laisseras percer ta carapace. (p.142)

Mon entrevue avec l'auteure 

dimanche 19 novembre 2023

Un baiser au goût de solitude de Suzanne Roy

 

Publié chez Andara le 7 novembre 2023

363 pages

Lu en format papier

4e de couverture

Anéanti par l'abandon de Juliette après la mise en ligne de la photo compromettante d'Alana, Justin songe à quitter le collège. Il est convaincu que c'est son ex qui est à l'origine de ce méfait, mais comment en faire la preuve ? Et à quoi bon se battre pour prouver son innocence si celle qu'il aime n'est pas à ses côtés ? Lorsque Juliette constate que Justin est peut-être innocent, elle se sent honteuse.

Pourquoi a-t-elle tourné le dos à son amoureux sans même lui accorder le bénéfice du doute ? Elle l'a laissé tomber alors qu'il était déjà plus bas que terre et qu'il croulait sous les insultes des autres élèves. Sans compter la peine qu'il vit face à la maladie de sa mère. Déterminée à se tenir aux côtés de Justin, Juliette décide de tout faire pour le soutenir à travers les tempêtes qu'il traverse. Mais celui-ci sera-t-il prêt à accepter ses excuses et son aide ?

Mon avis

Je suggère de lire Un baiser au goût de fin du monde afin de bien comprendre le contexte et l’environnement dans lequel les deux protagonistes évoluent dans ce livre. Je vous avoue que les deux personnages m’ont énervé à quelques reprises. Juliette parce qu’elle s'entête et qu’elle a attendu très longtemps avant de choisir et Justin pour avoir pris de mauvaises décisions qui auraient pu mettre sa vie en danger.

Je n'oublie pas que les deux ont moins de 20 ans, alors j'accepte mieux leurs choix spécialement celui que Juliette qui avait le cœur brisé. Je dirais que Justin m’a davantage touché, il a vécu un moment marquant et l’écrivaine a utilisé les bons mots pour retransmettre sa douleur. Je ne dévoilerais pas le suspense , mais gardez les mouchoirs proches. J’apprécie que le couple ne soit pas parfait, cela donne la chance au lecteur de se reconnaître en eux et ouvrir des pistes de réflexion.

Les termes abordés dans cette œuvre ne sont pas évidents, mais l’auteure ajoute un peu de légèreté avec de l’humour. Heureusement, car les protagonistes vivent énormément d’événements en peu de temps et je ne souhaiterais cela à personne.  L’amour entre Juliette et Justin est le point central du roman et je pense que c’est ce qui apporte de la douceur dans les moments sombres.

Dans le premier tome, on aurait pu croire que cela se déroulait dans une école secondaire, cette fois-ci, on voit qu’il s’agit de deux jeunes adultes. Les épreuves sont davantage complexes et l’intimidation revient à un autre niveau.

Extraits

Tout le monde paraissait soulagé que je veuille bien retourner au collège pour tenter de faire entendre raison à ces gens dont l’opinion m’importait peu. Au moins, je n’étais plus seul. Juliette acceptait de se tenir à mes côtés durant la tempête à venir. C’était là l’appui le plus puissant que je pouvais espérer. Le seul qui comptait à mes yeux. (p.38)

Je voudrais être plus proche de toi, lui confiai-je encore. Qu’on s’embrasse jusqu’à ce que cette voix dans ma tête se taise.

Visiblement intrigué, il demanda :

Quoi ? Quelle voix ?

Celle qui que…je ne suis pas assez bien. Et que tu serais mieux avec une autre. (p.131)

En faisant l’amour avec moi, Juliette, c’est comme si tu me laissais entre dans ton univers. Et que tu acceptais de le partager avec moi. (p.176)

Au passage, je vérifiai constamment dans l’attente et dans l’incertitude. Je tentai de retenir mes sanglots. J’avais envie de lui téléphoner, juste pour lui dire de se battre et de ne pas nous faire ça. J’essayai de l’appeler, mais tombai sur sa boite vocale. Je refermai mon appareil et le rangeai dans mon sac. Il fallait que je me fasse une raison : mes actes étaient inutiles. Justin ne m’entendait plus. (p.251)

Ma chronique d'Un baiser au goût de fin du monde

Mon entrevue avec l'auteure 

28 jours ou l’éternité d’Anouk Filippini

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