samedi 25 mars 2023

Les étrangers d’ici de Marylène Pion

 


Publié chez les éditeurs Réunis le 22 mars 2023

352 pages

4e de couverture

Montréal, 1940.

Galileo et Giulia Rizzoli habitent dans le quartier de la Petite-Italie avec leurs cinq enfants, où ils tiennent une boulangerie qui leur permet de vivre modestement. Leur quotidien tranquille se voit un jour bouleversé quand des agents fédéraux débarquent chez eux pour arrêter Galileo et son fils aîné sans explication, laissant Giulia complètement atterrée. En plus de devoir s’occuper de la marmaille, la pauvre femme doit maintenant garder à flot la boulangerie à elle seule afin de ne pas se retrouver à la rue. Sans nouvelles des deux hommes pendant des semaines, puis des mois, la mère de famille est rongée par l’inquiétude.

Pour ajouter à son malheur, ses clients les plus fidèles évitent désormais son commerce, craignant d’être associés à un clan suspect, et même leurs amis semblent prendre leurs distances. La solitude et la peur sont au comble alors que les Rizzoli se sentent plus que jamais abandonnés dans le pays qui les a accueillis dix-huit ans auparavant. Après avoir vu leur rêve d’une vie nouvelle abruptement menacé, ces étrangers, pourtant bien intégrés dans leur communauté, pourront-ils encore garder espoir ?

Mon avis

Je remercie Caroline Bérubé pour le service presse et l’auteure pour le beau moment de lecture. Bien que la Deuxième Guerre mondiale soit une période qu’on retrouve souvent dans les romans historiques, Marylène Pion a choisi un angle que je ne connaissais pas avant d’ouvrir le livre. J'ignorais qu'il y avait ce type camps de détention au Canada. L’écrivaine a bien décrit les réactions des familles dont les membres y étaient enfermés sans obtenir de nouvelles pendant des mois.

Le bouquin parle surtout de la vie quotidienne de ceux qui doivent se débrouiller pour survivre, alors que le patriarche est absent et que l'argent manque. J’ai été stupéfaite de la résilience de la famille Rizzoli.  D’ailleurs, je n’arrive pas à choisir parmi 3 personnes à qui donner mon étoile du match. Giulia m’a impressionnée avec sa détermination pour faire tourner la boutique de son mari, alors qu’elle connaissait peu le métier de boulangère. La deuxième va à Felicia qui a aidé sa mère à s’occuper de son frère et ses deux sœurs, alors qu’elle devait entreprendre des études professionnelles. Tout comme sa mère, elle a fait un sacrifice et cela m’a touché. Je donne la troisième mention spéciale à Pio, le petit dernier qui ajoute de l’humour en ce moment sombre. C’est le personnage qui m’a fait le plus rire et il a fait fondre mon cœur tellement il était mignon avec ses réactions. Il essayait de jouer les grands garçons, alors qu’il n’a que 4 ans au début du livre.

J’ai noté que c’est les sentiments des différents personnages qui sont de l’avant dans ce roman, on y trouve les bons et les mauvais moments. J’ai aimé la diversité des âges, je crois que les lecteurs pourront s'attacher à l'un d'entre eux.  Pour moi, trois d'entre eux se sont démarqués, mais l’univers est très bien construit et riche. On sentait l’esprit de communauté avec les voisins surtout vers la fin. On voit que l’auteure s'est renseignée pour rendre le tout réaliste et c’est un autre détail que j’ai apprécié pendant ma lecture. J’ai noté une petite touche de romance aussi, ce qui est toujours un plus dans mon cas. Je vous le suggère si vous aimez l’histoire ou que vous souhaitez découvrir ce genre littéraire, vous n’allez pas être déçus.

Extraits

Enzo gaspillait aussi beaucoup trop de temps à la Casa d’Italie. Il aurait dû se préoccuper davantage de l’entreprise familiale et de son avenir que d’écouler ses journées avec ces personnes qui adhéraient d’un peu trop près la propagande de Benito Mussolini. (p.13)

Nous sommes au Canada maintenant, Enzo, dois je te le rappeler? D’ici quelques mois, ton Mussolini ne fera rien de mieux que de s’associer avec ce fou d’Hitler. Tu m’en reparleras. (p.37)

J’aimerais étudier en journalisme. Cette profession m’interpelle de plus en plus. Il me semble que je pourrais faire aussi bien que ce qui est publié dans les journaux que je lis depuis un moment déjà. (p.51)

Je suis partante! S’exclama Carmelle. Ma mère sera d’accord, c’est certain. L’autre jour, j’ai pris les p’tits chars avec cousine pour aller acheter des partitions de musique au magasin Archambault, au coin de Sainte-Catherine et de Saint-Denis. Elle me permettra d’y aller avec vous. (p.221)

Mon entrevue avec l'auteure 


mercredi 22 mars 2023

Entrevue avec Brigitte Meloche

 


Crédit photo : À propos – L'atelier d'Esther (atelierdesther.ca)

Biographie

Brigitte Meloche est technicienne en travail social, autrice et animatrice certifiée en journal créatif. Elle accompagne avec douceur, sur le chemin de la créativité et du mieux-être, les participants à ses ateliers. Elle met à leur service son expertise, sa bienveillance et sa conviction qu’au fond de chaque homme et de chaque femme se cache un trésor en forme de cœur qui ne demande qu’à s’exprimer.

Crédit : Brigitte Meloche – Le Dauphin Blanc

Questions

En quelques mots, qu’est-ce qu’un journal créatif ?

Le journal créatif est une méthode développée par Anne-Marie Jobin travailleuse sociale et art-thérapeute qui réunis trois langages dont l’écriture, le dessin et les collages. C’est un journal intime enrichi par plusieurs techniques et propositions créatives pour se détendre, plonger en soi, etc. J’ai obtenu ma certification d’animation du journal créatif en 2018 après plus de 200 heures de formation.

D’où vous est venue l’idée pour votre livre Écrire pour se faire du bien ?

J’anime des ateliers d’écriture créative et de journal créatif depuis 2017. Bien humblement, les cohortes de participants et de participantes à mes ateliers me reflétaient régulièrement que mes rencontres leur faisaient du bien. Alors, j’ai réalisé un travail de patchwork. J’ai réuni les exercices originaux que j’avais déjà créés, j’en ai évidemment créé d’autres. Puis, j’ai eu l’idée d’écrire plusieurs courtes histoires qui servent de bougies d’allumage pour éveiller la plume créative des lecteurs et des lectrices.

Quelles astuces donneriez-vous à une personne qui souhaiterait se lancer dans l’écriture ?

Plongez avec confiance dans les 100 invitations à écrire de mon livre comme si vous plongiez dans une piscine. Il n’y a pas d’eau ? Plongez quand même les mots vont apparaître !

Osez écrire ! Attisez cette envie de prendre la plume qui brûle en vous depuis longtemps.


Vous constaterez rapidement qu’importe le résultat de vos périodes d’écriture que la simple action de vous installer pour écrire vous remplira de bien-être. La véritable beauté des mots réside davantage dans la satisfaction et l’apaisement que l’on ressent pendant le processus de création que dans la finalité de nos textes.

 

Utilisez mon livre et ses invitations à écrire ludiques ou plus introspectives comme une récompense après une journée de travail, un baume pour les moments où le cafard vous visite ou tout simplement pour prendre rendez-vous avec vous pour un moment de ressourcement. Vous bénéficierez en plus de trucs et d’astuces pour stimuler et nourrir votre plume créative !

 

Retenez qu’écrire est l’un des seuls voyages qui requièrent aussi peu de bagages. Une simple trousse suffit à l’aventurier des mots : un cahier, un crayon et mes histoires pour vous aiguiller vers les vôtres.

 

Quels défis avez-vous rencontrés pendant l’écriture de votre livre ?

Marguerite Yourcenar a dit que le plus grand défi pour un auteur n’est pas d’écrire, mais bien de s’assoir à sa table ! Je suis une femme qui a plusieurs passions dont ma famille, mon amoureux, ma pratique créative et littéraire, mon travail d’intervenante psychosociale, mes ateliers, la lecture, les longues promenades en forêt avec mon chien Patch etc. Donc, mon plus grand défi a été effectivement de m’assoir, de prioriser ce projet, de me discipliner puis de partir à la recherche d’un éditeur !

Avez-vous dû faire de la recherche pendant la création de votre œuvre ?

J’ai effectivement beaucoup lu. Plusieurs auteurs font partie de mes inspirations. Julia Cameron, enseignante et romancière, instigatrice des pages du matin (exercice d’écriture spontanée). Jean Monbourquette, psychologue et accompagnant en suivi de deuil, Tal Ben-Shahah, psychologue et philosophe, Boris Cyrulnik, neuropsychiatre ainsi que le Dr. James Pennebaker auteur de la pratique de l’écriture expressive ont grandement nourri mes réflexions et mon travail. Leurs nombreux ouvrages et leurs enseignements font partie de mes essentiels comme professionnelle, mais aussi comme personne soucieuse de son bien-être.

L’idée d’accoler des histoires aux exercices d’écriture proposés dans mon recueil m’a été inspirée par les livres : Contes à guérir, contes à grandir de Jacques Salomé, psychosociologue et auteur français. Tout comme lui, j’utilise dans ma pratique d’intervenante psychosociale et d’animatrice les métaphores, les histoires poétiques et ludiques pour susciter l’éveil, une prise de conscience et stimuler les liens vers ses histoires personnelles. J’aime la beauté des mots, leur bienveillance, leur douceur, leur vérité, leur profondeur, leur résilience. J’ai besoin de la poésie qu’ils font naître en moi.

Des poètes comme Emily Dickinson, Gilles Vigneault, Louise Portal, Joséphine Bacon, David Goudreault et Kristina Gauthier-Landry, pour ne nommer qu’eux, m’inspirent. La poésie est création, liberté et abondance. Elle existe bien sûr dans les livres, mais on la retrouve aussi et surtout dans un ciel étoilé, dans le son de la pluie qui danse sur un toit de tôle, dans une théière fumante à partager, dans les volées d’oies blanches, dans le sourire d’un enfant et surtout, en chacun de nous. Elle incarne tout ce qui est vivant et elle n’attend que nous pour s’éveiller et réinventer le jour qui se lève ou celui qui s’achève. Se choisir par la pratique d’écriture régulière, c’est indéniablement nourrir son équilibre intérieur, sa fibre créative et sa vitalité.

Pourquoi avoir choisi de diviser le livre en 4 saisons en commençant par l’automne ?

Tout simplement pour donner un cadre convivial et fluide au livre. Vous pouvez choisir de commencer par la section que vous voulez !

Quels sont vos prochains projets ?

J’anime toujours avec grand plaisir mes ateliers de création auprès des adultes et des adolescents. Et je relève le défi quotidien de m’assoir à ma table pour poursuivre l’écriture d’un recueil de poésie en littérature jeunesse !

Je vous en donne des nouvelles lorsqu’il sortira en librairie !

Merci Any pour votre intérêt pour mon livre Écrire pour se faire du bien et mon parcours créatif ! N’hésitez pas à me contacter si vous voulez qu’on en parle davantage ou visitez mon site web au atelierdesther.ca

Au plaisir !

 


Bouge-toi les fesses, Juliette ! de Claudia Lupien

 

Publié chez Andara le 27 février 2023

336 pages

4e de couverture

Voilà ! Je suis en vacances perpétuelles et ça ne peut plus durer. Je me fais servir, je n’ai rien à payer, je peux me lever à midi si ça me chante… J’ai plus de temps qu’il n’en faut pour rencontrer mes amies, passer chez ma coiffeuse, lire et me régaler d’une tonne de petits plaisirs… L’horreur. Je dois mettre fin à mes vacances, je n’en peux plus !

Il faut que je me bouge un peu les fesses ! Juliette s’est séparée et est retournée vivre chez ses parents. Sans travail, elle n’en peut plus de se la couler douce. Mais toute sa vie est à refaire ! À trente-deux ans, elle est de retour à la case « Départ » .

Mon avis

Vous devez vous en douter, j’adore l’univers littéraire de Claudia Lupien, j’essaie de ne pas manquer ses romans qui me font rire chaque fois. C’est encore une mission réussie pour celui-ci. Je souris peu ces temps-ci, alors j’en profite pour la remercier pour ce beau moment.

J’avoue que j’ai éprouvé un peu de difficulté au début, alors que la vie de Juliette était surtout concentrée sur les sorties et l’alcool. Normalement, ça me fait décrocher après quelques chapitres. Toutefois comme j’avais aimé les autres romans de l’auteure, j’ai poursuivi ma lecture pour connaître le dénouement de la vie professionnelle et amoureuse de Juliette. Je l'ai apprécié, car je me pose les mêmes questions qu’elle et que je dois aussi me bouger les fesses.

Ce ne sont pas des décisions faciles à prendre et pour cela, j’admire le courage de la protagoniste d'autant plus qu’elle n’a pas choisi un métier de tout repos. D’ailleurs, je remercie l’auteure d’avoir donné une visibilité aux préposés et aux personnes âgées, on en voit peu dans les livres.

La vie amoureuse de Juliette est un véritable tourbillon. Bien qu’elle mentionne qu’elle n’apprécie pas tellement le sexe, elle rencontre quelques hommes au début. Il faut noter que le roman se déroule sur plusieurs mois, ce qui permet d’apprécier davantage l’évolution de Juliette. Je ne sais pas si vous aviez vu la dernière saison de Gilmore Girls qui se moquait des trentenaires qui retournaient chez leurs parents, ce n’est pas le cas ici. La vision est plus positive et que ceux qui se trouvent dans cette situation vont être plus motivés à aller de l’avant comme la protagoniste l’a fait.

Je donne mon étoile au chat qui s’est introduit dans la demeure de Juliette. Il m’a retenu mon attention même s’il apparaît qu’à quelques reprises. Il a fait fondre mon cœur. Laurent vient en deuxième position. Je dirais que c’est le personnage masculin qui a été le plus tendre et compréhensif avec la protagoniste.

Extraits

C’est vrai, une panoplie de responsabilités accable le commun des mortels, ce qui les force à travailler plusieurs heures par jour et à exécuter toutes leurs corvées dès qu’ils sont en congé. Oh, et ils doivent aussi courir ici et là, entre boulot, l’épicerie, la pharmacie, etc. (p.8)

Sa sœur Annie, brunette elle aussi, incarne la reine de l’ordre et des intellos. Elle utilise parfois des mots à mille dollars. Cette belle amie est d’ailleurs ma psychologue personnelle. Les deux Lavoie sont presque à l’opposé l’une de l’autre. (p.11)

Je n’ai jamais eu d’intérêt pour le sexe. C’est plate à dire, mais ma réaction habituelle après une relation intime est plutôt de me sentir soulagée que ce soit fini ou, au mieux, d’être d’accord pour recommencer «si ça adonne » . (p.209)

On dirait que pour moi, on n’est pas officiellement un couple tant qu’on n’habite pas ensemble.. Comme avec Yves. Et quand on cohabite, ce n’est pas mieux, on en vient à faire partie des meubles. Je n’ai pas l’habitude de me sentir importante. (p.264)

Mon entrevue avec l'auteure 

mardi 21 mars 2023

Entrevue avec Emilie Maisterrena

 


Crédit : Emilie Maisterrena - Auteure | Sept-Îles QC | Facebook

Biographie

Emilie Maisterrena est une auteure originaire de la Côte-Nord. Ayant grandi avec une maman amoureuse des contes des frères Grimm et de l’univers de Stephen King, Emilie se met rapidement à l’œuvre afin de créer ses propres histoires dès la première année du primaire, où elle apprendra à écrire ses premières phrases.

En 2020, elle ose faire le grand saut en publiant Oslav. Depuis, sa Côte-Nord natale devient son terrain de jeu avec notamment son second roman, Le calendrier.

Crédit : Turbulences amoureuses

Questions 

Pourquoi avoir choisi le Dark Romance pour ton histoire dans Turbulences amoureuses ?

Lorsque nous avons commencé à Bainstormer sur le recueil, Sophie Vaillancourt, Vickie Poulin et moi-même trouvions intéressante l’idée de créer un crescendo d’intensité. Puisque j’écris de la littérature horrifique, il était normal que je m’occupe de la partie Dark du projet. Le but était d’exploiter les forces de chacune d’entre nous, tout en me sortant légèrement de ma zone de confort.

Quelles ont été tes inspirations pour tes protagonistes ?

Pour cette histoire, mais aussi pour la majorité des romans que j’écris, je m’inspire de ce que je connais. Cette méthode est pour moi la meilleure manière de faire en sorte que mes personnages semblent vivants. Pour Pendue à ses mots, je dois tout de même avouer que j’ai été puiser l’inspiration très loin à l’intérieur de moi-même dans les vieilles blessures du passé afin d’offrir un maximum d’émotions fortes aux lecteurs.

Quels défis as-tu rencontrés pendant l’écriture de ce projet ?

Les scènes plus douces sont pour moi un réel défi. Je ne suis pas très douée pour la romance avec un grand R et je ne crois pas offrir à mes lecteurs ce genre d’histoire dans le futur. Je suis une personne à l’imagination sombre qui a beaucoup plus de facilité à décrire les ténèbres. Les belles histoires ne sont pas ma tasse de thé. Je préfère les monstres, les esprits maléfiques, la maladie mentale et la torture. C’est ma cour de récréation.

Avec moi, les personnages ne vivent pas très longtemps et ils ne sont certainement pas heureux.

Selon toi, quelles sont les différences entre écrire un projet seule et un avec d’autres auteurs ?

Ça ne fait aucune différence pour moi. Je crois que c’est plus une question de symbiose et de complicité entre les auteurs qui fera d’un projet quelque chose de bien ou d’archi nul. Je considère Sophie et Vickie comme des sœurs cosmiques donc ce recueil, c’est un peu l’accomplissement d’une belle amitié. Notre recueil, Turbulences Amoureuses, a une place très importante dans mon cœur.

Est-ce qu’il y a un autre genre littéraire que tu aimerais essayer ?

Le policier m’interpelle beaucoup, mais je dirais que je suis à l’étape d’écrire ce qu’il me plaît et de jouer, entremêler les genres, afin de créer des histoires hors du commun. Briser les barrières d’une certaine façon!

Quels conseils donnerais-tu à un nouvel auteur ?

D’écrire sur ce qu’il connaît le mieux et sur ce qu’il aime. Je crois que la base est de lire et d’écrire beaucoup afin de trouver notre voix d’auteur. Cette voix unique qui se démarquera de tous et qui fera en sorte qu’un lecteur dira, « ahhh je reconnais bien l’auteur! ». Je mentionne souvent Stephen King comme exemple.

Quels sont tes prochains projets ?

J’ai quelques projets sur la table et un classeur rempli d’idées mais je ne peux malheureusement rien révéler pour le moment. En revanche, je peux vous annoncer une primeur! Il y a quelques semaines, la suite de mon roman Oslav est venue me hanter. Je suis donc en train d’écrire ici et là, la grande finale de mon premier roman. Mes autres projets sont plus de types événementiels. Je me prépare présentement à vivre le Salon international du livre de Québec ainsi que celui de la Côte-Nord. Un mois d’avril chargé et de beaux moments à venir.

 


samedi 18 mars 2023

Forteresses et autres refuges de Rafaële Germain

 


Publié chez Québec Amérique dans la Collection III le 22 mars 2023

126 pages

 4e de couverture

Il y a les souvenirs dont elle a hérité, ces histoires qui lui ont été tellement racontées qu’elles ont fini par faire partie intégrante de sa mémoire. Il y a les images floues qu’elle garde de son enfance et les récits à partir desquels elle s’est construite. Il y a aussi les souhaits qu’elle porte, des projections dans le futur qui prennent racine dans son passé.

À travers l’histoire des premières années de sa mère et celle de ses dernières semaines, en passant par le souvenir des petits chaperons de toutes les couleurs que son père a imaginés pour elle enfant, Rafaële Germain tente de trouver des réponses à la question : que veut-on garder de ce que le monde a déposé en nous ?

Mon avis

Pour commencer, je remercie Mélissa Roy pour le service presse. Rafaële Germain est une des rares auteures que je lisais après mes études collégiales et je la remercie de m’avoir fait découvrir le genre chicklit qui m’a redonné envie de lire et d’approfondir mon univers littéraire. J’étais curieuse de la découvrir dans un nouveau genre. Je connaissais un peu l’histoire de son père, mais pas sur sa mère.

Au commencement du livre, l’écrivaine mentionne que ce livre se trouve dans la collection III, car on y parle de trois souvenirs distincts. Les thèmes abordés sont personnels et touchants. On n’en apprend pas seulement sur la mère de Rafaële Germain, mais sur sa famille et elle-même. Elle raconte son enfance, la vie amoureuse de sa mère, ses oncles et tantes sans toutefois aller trop dans les détails. C’est sa mère qui est la protagoniste des trois chapitres.

Le thème abordé n’est pas très joyeux, mais l’auteure ajoute de la couleur tout en faisant réfléchir le lecteur. J’ai apprécié les mentions de certaines princesses de Disney qu’elle utilise comme humour. Ce sont les passages qui m’ont fait le plus sourire. Elle tourne ses passages à sa façon et vous ne verrez pas Belle, Blanche-Neige ou le chaperon rouge de la même façon.

Si vous connaissez une personne qui souffre d’Alzheimer ou de démence, je vous suggère de garder un mouchoir près de soi en parcourant les pages de ce livre, car certains paragraphes sont vraiment touchants surtout quand elle parle de sa vision face à la mort.

Extraits

Ma mère a commencé à perdre la mémoire durant la dernière année de vie de mon père, qui se mourait d’un cancer du cerveau dont une des conséquences était, justement, la lente érosion de ses souvenirs. (p.12)

… et au bout de quelques mois, l’évidence s’est imposée : soit on était dans  La Belle et La Bête et les objets se mettaient tous à danser et à chanter dès que nous avions le dos tourné, soit ils prenaient la poussière et perdaient du sens puisque ce qui les reliait à la vie (ma mère et ses souvenirs) n’était plus là. (p.16)

Le monde extérieur ne passe jamais la grande porte cochère qui donne sur la cour intérieure. Aucun écho de la vie politique d’ici ou d’ailleurs ne se rend jusqu’à elles, triplement cloîtrées qu’elles sont dans la religion, l’insouciance de leur jeunesse bourgeoise et leur sexe. (p.36)

Dans les notes de mon amie, je lis, à propos de la mémoire épisodique, celle qui s’occupe d’archiver les événements que nous avons vécus personnellement : « N’est pas la réalité. C’est une fiction de la réalité. » (p.73)

C’est avec elle que je mangeais, que je faisais de grands collages pour les murs de nos chambres, que je lisais et relisais Tintin au Tibet,  que je m’endormais et que j’écoutais, depuis une cachette qui n’en était une que pour moi, La croisière s’amuse, Shogun et Les oiseaux se cachent pour mourir. (p.82)

Mon entrevue avec l'auteure 


vendredi 17 mars 2023

Entrevue avec Vickie Poulin

 


Crédit photo : Du nouveau chez une auteure beauceronne - L'Éclaireur Progrès (leclaireurprogres.ca)

Biographie

Vickie Poulin est une fière Beauceronne. Sa passion pour l’écriture est apparue lors de ses années comme mère à la maison. Depuis, les histoires s’enchaînent et les idées ne cessent plus d’affluer. L’écriture est devenue une évidence, la sensation parfaite d’être sur son X.

Sa première trilogie, La célèbre anonyme, lui aura donné la piqûre pour cette manière de créer tout ce dont elle a envie.

Crédit : Turbulences amoureuses

Questions

Quelles ont été tes inspirations pour Âmes sœurs?

Je peux déjà commencer par dire que c’est Sophia Bush et Thomas Beaudoin qui m’ont inspiré l’allure physique des personnages de Angélique et Stephan. Pour ce qui est de l’histoire, j’aurais du mal à en parler sans divulgâcher ce qui arrive. Par contre, je peux dire que j’ai reçu un témoignage d’une lectrice à la suite de sa lecture, qui pourrait m’inspirer si je décide d’écrire une suite à ma nouvelle, un jour!

Selon toi, quelles sont les différences entre écrire un projet seule et un autre avec d’autres auteurs?

Dans le cas de Turbulences amoureuses, nous écrivions tout de même chacune notre histoire, ce qui est assez différent d’une même histoire à plusieurs auteures. Pour ce qui est des différences majeures, je dirais qu’il y en a une grande, au niveau du soutien. Le fait de pouvoir s’apporter des opinions constructives, de s’encourager, de pouvoir partager nos réflexions, nos idées de punch, nos réussites et nos difficultés a rendu l’expérience vraiment trippante. On a une excellente connexion toutes les trois.

Quels défis as-tu rencontrés pendant l’écriture de ton histoire?

Le plus difficile, je crois, c’est de construire des personnages avec de la profondeur, une crédibilité, a qui ont s’attache fortement très vite dans l’histoire. Parce que dans une nouvelle, on ne peut pas prendre le temps de développer tranquillement.

Qu’est-ce que tu as le plus apprécié pendant la création de ce projet?

J’ai beaucoup aimé écrire une romance sentimentale, c’était une première pour moi. J’ai adoré jouer sur les limites de l’interdit, le jugement et les valeurs. Je veux déstabiliser les principes du lecteur avec la belle histoire d’amour d’Angélique et Stephan. J’ai aussi apprécié grandement le travail d’équipe avec Sophie et Emilie, le fait de développer avec elles l’expérience qu’on souhaite offrir. Faire de nos différences une force et une unicité pour le recueil, qui s’avère un crescendo d’émotions.

Est-ce qu’il y a un genre littéraire que tu aimerais essayer et pourquoi?

Pour l’instant, j’ai essayé la romance contemporaine et la romance sentimentale, avec La célèbre anonyme et Turbulences Amoureuses. J’ai également expérimenté l’horreur, le jeunesse/fantastique, ainsi que la romance dystopique.

Un genre que je n’ai pas encore essayé, mais que j’ai bien l’intention d’explorer éventuellement, c’est le policier. J’imagine déjà un mur de post-it pour bien ficeler une histoire complexe. J’ai déjà une idée de la personnalité du personnage principal!

Quels sont tes prochains projets?

J’en ai plusieurs en branle, mais je ne suis pas encore en mesure de dire quel sera le prochain entre les mains des lecteurs. Chose certaine, il y aura de la variété de genre! Horreur, romance, jeunesse …


Entrevue avec Rafaële Germain


Biographie

Née à Montréal en 1976, Rafaële Germain travaille en télévision depuis plus de 20 ans. Elle a fait ses premiers pas en littérature en 2004, avec Soutien-gorge rose et veston noir, best-seller vendu à près de 100 000 exemplaires. Après deux autres romans, elle a signé en 2016 un essai inspiré en partie de la disparition de son père, Georges-Hébert Germain, qui a souffert d’un cancer du cerveau ayant érodé sa mémoire.

Plus récemment, elle a fait paraître, en collaboration avec Dominique Fortier, un ouvrage intitulé Pour mémoire, qui célèbre l’émerveillement. Quand elle ne se questionne pas sur le rapport que nous entretenons avec la mémoire, elle écrit des blagues pour la télé et observe les oiseaux.

Crédit : Rafaële Germain - Québec Amérique (quebec-amerique.com)

Questions

Quelles ont été vos sources d'inspiration pour l'écriture de votre livre Forteresse et autres refuges ?

Le livre fait partie d’une collection, III, qui est construite autour de la mémoire et des souvenirs des auteurs qu’elle publie. La commande est simple : partir de trois souvenirs. Après, plus aucune contrainte. Personnellement, je n’avais pas trop envie de raconter simplement mes souvenirs, qui ne me semblaient pas toucher à quoi que ce soit d’universel. Je cherchais donc une porte d’entrée, que j’ai finalement trouvée auprès de ma mère, qui était alors atteinte de la maladie d’Alzheimer. Je la voyais partir lentement, mais comme elle n’admettait pas être malade, elle refusait de prendre le temps de regarder un peu en arrière, de revenir sur sa vie pendant qu’il en était encore temps. Je me suis donc demandé : si j’étais à sa place, et que je savais que les souvenirs s’en vont peu à peu, lesquels voudrais-je retenir ? Et qu’est-ce qui fait que certains souvenirs en apparences insignifiants restent avec nous ?

Devez-vous créer un plan avant de commencer à écrire un livre ?

Semi ;-) J’en fais plus ou moins un, et je le respecte plus ou moins.

Selon vous, quelles sont les différences entre écrire un livre et un texte pour la télévision ?

Ce sont littéralement deux jobs différents. L’écriture pour la télévision se fait en collaboration avec toute une équipe – même quand on écrit seule, il faut tenir compte des producteurs, des comédiens, du diffuseur. C’est un monde de contraintes, aussi. J’ai l’air de chiâler, mais c’est un formidable exercice qui demande de l’agilité et de la souplesse mentale, et une sorte d’efficacité intellectuelle. L’écriture d’un livre, au contraire, se fait dans la solitude, et dans des profondeurs où la pensée bouge lentement.

Quels défis avez-vous rencontrés lors de l’écriture de votre premier roman ?

Trouver une bonne histoire, qui sonne juste et vraie et qui en même temps va résonner avec la plus grande masse critique possible. C’était un roman léger, mais il fallait quand même que le lectorat croit à l’histoire, dans le sens de « ait envie d’y adhérer ».

Quels conseils donneriez-vous à un nouvel écrivain ?

D’essayer de trouver sa voix. Je sais, ça sonne comme quelque chose qu’écrirait un coach de vie, mais c’est vrai que trouver sa propre vérité, en tant qu’artiste, peut être le défi d’une vie. Ç’a zéro besoin d’être profond, ou dark, ou deep (mais ça peut être profond ET dark ET deep), mais c’est à partir de ce lieu là que je souhaite à tout le monde d’écrire.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire votre premier livre et qui vous poussent à poursuivre cette aventure ?

C’est un peu tout ce que je sais faire. Je suis tombée dans les livres quand j’avais 12 ou 13 ans, et je pense que j’en suis jamais sortie. Les livres ouvraient des portes autour de moi, et très très vite, j’ai su que j’avais envie d’écrire. Il n’y avait pas de raisons précises, pas de projet en particulier, c’était comme une inclinaison naturelle. Les raisons se précisent un peu plus aujourd’hui : je veux traduire la beauté que je vois autour de moi. C’est un vaste projet, je sais, un peu ambitieux sur les bords, aussi je ne vise pas la traduction totale, n’est pas Proust qui veut. Si je réussis à faire exister un vol d’oiseau entre deux pages, ça sera ben en masse.

Quels sont vos prochains projets ?

Je travaille sur Je viens vers toi, le talk show de Marc Labrèche qui commence en avril, et je me croise les doigts pour qu’une autre jolie commande comme celle de III se fraie un chemin jusqu’à moi.

Parlez-moi d’amour sous la direction de Léa Clermont-Dion

  Publié chez les éditions Cardinal le 7 août 2026 192 pages Lu en format papier 4 e de couverture Dans un monde marqué par la pola...