dimanche 15 mars 2026

Parce que…la vie de Pénélope Jolicoeur


Publié chez Libre Expression le 18 février 2026

232 pages

Lu en format papier

4e de couverture

— T’es auteur, toi aussi ?

— Non, je suis clown humanitaire.

Entre ça pis aller me jeter dans le fleuve, je ne sais pas ce qui me refroidirait le plus. Ark ! Un clown ! Restons ouverte, curieuse, mais, aussi beau soit-il, je pense que son chien en balloune est mort.

Relationniste de presse, Béatrice jongle avec les aléas du quotidien grâce à une bonne dose de cynisme et de déni. Côté coeur ? Le dating à l’ère des applications ne lui inspire que lassitude et désenchantement. Côté finances ? Ce n’est guère mieux, d’autant plus qu’elle vient d’apprendre que sa job est en jeu – in this economy ?! Tout bascule quand l’une des poètes qu’elle représente est propulsée du jour au lendemain sous les projecteurs. Entre mille et un incendies à éteindre et la rencontre du bel Étienne, un clown humanitaire aussi insupportable que sexy, Béatrice est emportée dans un tourbillon vertigineux. Au bout du chaos, saura-t-elle enfin trouver un peu d’équilibre et… d’amour ?

Mon avis

Je commence ma chronique en mentionnant deux choses : déjà le résumé me dit que je vais passer du bon temps. Je n’ai jamais rencontré de clown humanitaire, que cela soit dans les romans ou dans la vraie vie. La deuxième : Enfin, une femme de 45 ans dans un livre. Je suis un peu plus jeune, mais depuis quelques années, j’ai décroché des histoires des filles dans la vingtaine sur le party! Je me suis davantage reconnue en Béatrice que dans plusieurs autres personnages.

J’ai bien aimé Béatrice, qui mérite mon étoile du match. J’adore son humour et son cynisme. Elle semble avoir un immense cœur et elle est toujours présente pour aider son entourage, même les poètes. Je vous laisse découvrir ce qui se produit en parcourant les pages du bouquin. Tout ça pour mentionner que quand je vais être grande, je voudrais être-elle.

Je dois aussi donner une étoile à Hélène. Je ne lis pas beaucoup de poésie, mais je me demande si elle n’a pas été inspirée par une poète de ma région. J’adore son côté excentrique et calme à la fois.

Si vous souhaitez lire un roman différent, je vous le recommande. Ce n’est pas exactement de la romance quoiqu’il y a une chimie entre Béatrice et le frère d’Hélène, et l’amitié entre la protagoniste et la poète est palpable, mais je n’irais pas jusqu’à le qualifier de chicklit.

Extraits

Pourquoi tant de poissons? Serait-ce une métaphore qui m’échappe? (p.10)

Au moins, c’est le Salon du livre de Montréal et, puisque ma présence n’y est pas requise pour les journées scolaires, je reste en télétravail. Je suis ravie de ne pas avoir à trimballer ma honte dans les couloirs de Quédition en ce lendemain de cancellation d’Anne Dupont. (p.45)

Au début, je pensais tout le temps que j’allais tomber malade. J’avais peur. Mais non, parce que quand t’es occupé à faire rire le monde, t’oublies ta peur, le reste suit. (p.98)

C’est certain qu’il faut que je change des affaires dans ma vie. Je suis plein de contradictions, pis ça me pèse de plus en plus. Il faut que je trouve une manière d’être davantage présente pour mes proches. (p.124)

Hélène prend le temps. Hélène prend toujours le temps. Elle regarde la lectrice dans les yeux. Elle écoute son histoire. Elle sourit. Elle écrit une longue dédicace, personnelle, sincère, vulnérable. (p.154)

Que certaines personnes, comme moi,, sont façonnées de travers, répond Hélène après un court silence. Par la peur. Par la honte. Par les pertes. Et qu’à force de chercher l’amour, on finit par ne plus être capable de le reconnaître quand il est là. Ou par croire qu’on le mérite pas. (p.169)

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