samedi 24 octobre 2026

Grenades de Valérie Plante

 

Publié chez les éditions Leméac le 16 septembre 2026

200 pages

Lu en format papier

4e de couverture

La violence est-elle inévitable ? Quelle forme de révolution permet d'éviter que se transmette son empreinte ?

En allant à la rencontre de divers personnages, on suit les traces que laisse dans son sillage la brutalité sous toutes ses formes, même les plus discrètes. Kim est condamnée à des travaux communautaires pour voies de fait. Andréa est une cheffe de cabinet brusquement confrontée à ses limites et à celles de son parti. Anil est en mal de la Turquie de son enfance dont il n'a pas connu les coups d'État. Les explosions intimes de chacun deviendront peut-être occasion de se reconstruire.

Mon avis

Il s’agit d’un roman choral comme ma dernière lecture, sauf que cette fois-ci, je crois que j’aurai apprécié soit une centaine de pages de plus pour faire le tour de tous les personnages ou je me serais concentré sur l’histoire Andréa et de Kim, qui sont mes deux préférées du livre. J'approuve les explications que l'on retrouve lors des retours dans le passé, par contre, il manquait la mention qu’on quitte le moment présent. Je devais me concentrer pour ne pas rater ce détail.

Je donne mon étoile du match à Andréa. Je vis la même chose à chaque changement ministériel depuis que je travaille au provincial, alors je pouvais compatir. Sa situation avec ses parents est complexe, comme la mienne, mais je dirais que je prendrais sa place au lieu de celle de Kim.

C’est un roman féminisme qui décrit la force interne des femmes, que l’on peut traverser n’importe quelle circonstance avec un peu de soutien. Toutefois, je précise que les thèmes abordés risquent de ne pas convenir à tous.

Si vous vous questionnez si l’auteure est l’ancienne mairesse de Montréal, c’est effectivement la même personne. J’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de détails sur Montréal et qu’elle connaît son terrain. Pour m’y être promenée à plusieurs reprises, je pouvais facilement m’imaginer en train de marcher sur les traces des personnages. Un point intéressant, au lieu de dialoguer en anglais, cette fois-ci, j’ai observé plusieurs mentions en espagnol. J’ai apprécié ce petit point différent.

Extraits

« Ne perds pas ton temps à attendre qu’un homme te fasse jouir. Trouve ton plaisir et tu lui montreras! » (p.13)

Après tant d’années à accompagner mes parents dans des rassemblements militants. J’en avais assez des manifestations qui « ne changent pas grand-chose », comme je l’ai déclaré un jour devant ma famille.  « Si on avait attendu après les politiciens, tu n’aurais sûrement pas le droit de te faire avorter ou d’aller voter, ma fille! » (p.33)

« À ma fille, Andréa. Beauvoir a écrit : “Exister, c’est oser se jeter dans le monde.” Tu le fais terriblement bien. Maman. » (p.75)

La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever chaque fois. (p.82)

Je n’arrive pas à me débarrasser du goût amer laissé par l’épisode du changement ministériel. Je m’étais dit que la pause provoquée par mon burn-out ferait son œuvre. Que j’allais passer par-dessus cet irritant. Ce n’est pas le cas. (p.125) 

 

 


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