Publié chez Lux le 5 novembre 2025
192 pages
Lu en format papier
4e de couverture
Immigrer et s’intégrer dans la société québécoise, qu’est-ce
que ça veut vraiment dire? Dans ce livre, Ruba Ghazal raconte les soirées
qu’elle a passées, enfant, à regarder Passe-Partout, les enseignants qui l’ont
marquée, sa rencontre avec Françoise David, toutes les expériences qui lui ont
appris que la culture, c’est bien plus qu’une langue. C’est un lieu qu’on
habite, un pays qu’on aime, la possibilité de la liberté.
Elle rappelle ainsi que si une petite fille palestinienne
comme elle, qui ne parlait pas un mot de français en arrivant au Québec, a pu
devenir une militante souverainiste, c’est parce que dans le Québec où elle a
grandi, l’école publique était encore une source de fierté collective, il
existait un solide réseau d’organismes d’accueil des immigrants, et parce que
ce Québec-là nourrissait encore des rêves généreux et optimistes auxquels elle
reste farouchement attachée.
Des rêves qui se sont étiolés, ce dont elle s’indigne: «
Quand la droite identitaire scande que c’est d’abord et avant tout
l’immigration qui menace la survie du français, elle nous ment en pleine face.
» Ce qui menace notre culture, c’est l’oubli de la solidarité. Mais il est
toujours plus facile d’être fort contre les faibles, et d’être faible contre
les forts. Ruba Ghazal est députée de Mercier à l’Assemblée nationale depuis
2018 et co-porte-parole de Québec solidaire depuis 2024. Les gens du pays
viennent aussi d’ailleurs est son premier livre.
Mon avis
Comme les élections provinciales approchent à grands pas, je
souhaitais lire ce livre pour connaître l’auteure. Toutefois, je tiens à
mentionner que seul le crayon que j’utilise à l’isoloir saura mon choix.
J’admire les femmes qui décident de se lancer en politique, peu importe le
parti, j’ai conscience que ce n’est pas un métier de tout repos.
Je dirais que c’est un mélange d’un essai politique et d’une
biographie, puisqu’elle explique son arrivée au Québec et des détails de sa vie
qui l’ont poussée à choisir la politique pour mieux comprendre le contexte. Je
la trouvais déjà sympathique et le livre n’a que confirmé mon opinion sur elle.
La plume est professionnelle et accessible, même les
lecteurs qui ne lisent pas beaucoup d’essais pourront comprendre les événements
décrits. Je le recommande si, comme moi, vous aimez la politique ou si vous
souhaitez en apprendre davantage sur une femme forte.
Extraits
C’était avant l’imposition du dogme néolibéral dans nos
administrations publiques, avant les coupes massives en santé et en éducation,
avant l’austérité libérale et caquiste. C’était avant l’arrivée massive
d’internet, des réseaux sociaux, de Netflix, d’Instagram et de TikTok dans nos
vies, avant que la majorité des contenus culturels que nous consommons quotidiennement
(en anglais, s’il vous plaît) ne nous fragmentent en solitudes enfermées dans
nos algorithmes. (p.15)
Depuis, les ressources en francisation et en intégration
sont éparpillées entre les centres de services scolaires, les cégeps, les
universités, les centres communautaires et les instituts privés. L’offre de
services s’est lentement détériorée, au gré des cures d’austérité et de
l’indifférence politique. (p.46)
« Dans la vie, ce n’est pas parce que tu as raison que tu
as raison de le dire. » (p.91)
Si la jeune Ruba vivait aujourd’hui, et lisait aussi
avidement les journaux que je le faisais en 1995, elle y trouverait
certainement encore beaucoup de mains tendues, mais elle recevrait plus que sa
part de claques au visage. (p.96)
Il y a une expression arabe qui dit qu’il faut : « marcher
près du mur » : ne pas se faire remarquer ni déranger. Mes parents
l’appliquent dans leur vie. Je réalise la signification littérale que cette
expression peut avoir pour des Palestiniens qu’on a isolés derrière un mur,
justement. (p.122)
Ça peut paraître curieux, mais mon deuil de la maternité
s’est amorcé quand j’ai entrepris les démarches de procréation assistée avec
mon mari. (p.146)
C’est un processus très évasif, qui exige du temps de la
patience, une organisation béton et beaucoup de détermination. (p.146)
Pendant longtemps, lorsque es amies, mes sœurs m’annonçaient
une grossesse, je sautais de joie, je me réjouissais pour elles, et c’était
sincère, mais le soir, dans mon intimité, une boule de tristesse envahissait ma
gorge. Je pleurais, parfois. Au fil du temps, j’ai apprivoisé cette tristesse.
(p.151)

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