samedi 6 juin 2026

Bon marché de Stéphanie Michaud

 

Publié chez Hashtag le 6 avril 2026

142 pages

Lu en format papier

4e de couverture

Dans les allées de l’épicerie Bon Marché, les drames ordinaires se rencontrent. À travers ce geste banal du quotidien – faire l’épicerie –, on découvre des femmes aux prises avec leur mal de vivre. Entre les rangées et les chariots se côtoient l’anorexie, le deuil, l’infertilité, la monoparentalité, l’agoraphobie, la violence sexuelle, la solitude, la violence conjugale. Le décor de chaque nouvelle est un lieu clos qui cristallise l’enfermement des personnages en même temps qu’il leur permet de s’évader, de se souvenir.

Avec Bon Marché, Stéphanie Michaud aborde des sujets actuels et lève le voile sur des réalités invisibles : celles de femmes qui tentent d’enfouir leur souffrance au fond d’elles-mêmes. Silencieuses, elles avancent la tête haute alors que les vitres des congélateurs les forcent à affronter leur propre reflet. Après tout, « la colère n’appartient pas aux femmes ».

Mon avis

La 4e de couverture décrit parfaitement les différentes nouvelles que contient ce recueil. Elles se déroulent toutes à l’épicerie, mais chaque personnage aborde un thème qui sort de l’ordinaire. On peut se questionner si on connaît vraiment nos voisins. La femme qui nous sourit dans l’allée de la boulangerie cache peut-être une détresse que l’on n’aurait jamais pu deviner.

C’est une œuvre féministe dans le sens que l’on aborde des sujets sensibles et chaque protagoniste est une femme. Si vous manquez de temps pour lire ou que vous éprouvez de la difficulté à vous concentrer, chaque récit ne dure que quelques pages, alors c’est facile de prendre une pause sans perdre le fil.

Je lis peu de nouvelles même si c’est le genre littéraire que j’écris, mais j’ai bien aimé me rappeler des souvenirs des premiers emplois et disons qu’on passe tous énormément de temps dans cet endroit.

Extraits

Sauf qu’elle n’aura probablement jamais à préparer de tels lunchs. Elle n’aura peut-être pas l’occasion de couper des sandwichs en triangle, de trancher le haut des fraises pour en faire des fleurs, d’ajouter un petit dessert surprise ou de glisse dans la boîte à lunch un mot d’amour inscrit sur un Post-it en forme de cœur. (p.13)

Les filles prudes ne sont jamais populaires. À l’école, les prudes deviennent la risée de tous, même des filles. Tu lui souris, t’efforçant d’étirer tes lèvres, et de les garder ainsi le temps qu’il te tourne le dos. (p.27)

Parfois, tout ce dont les créatures vivantes ont besoin pour s’épanouir est d’un peu d’attention. (p.37)

Parfois, Léonie aimerait travailler de nouveau en tant que simple caissière à l’épicerie Bon Marché, comme à l’époque où elle faisait son baccalauréat en éducation. Avant de devenir Madame, pour des centaines d’élèves. (p.49)

My god que la solitude des autres peut être pesante! QU’ils la portent discrètement, tout comme toi et moi. On était des femmes seules, mais on ne transformait notre détresse en commérage. (p.90)


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