Publié chez les éditions Hurtubise le 26 mars 2026
272 pages
Lu en format papier
4e de couverture
La fille au jumpsuit, c'est Sylvaine, adjointe
administrative, trentenaire, qui n'a "pas de vie" depuis des années.
Mais tout change le jour où elle étrenne chez ses amies un nouveau jumpsuit
qui, par la magie d'un simple vomi de bébé, l'entraînera dans une succession de
péripéties qui va mettre du piquant dans sa fade existence, lui faire quitter
son morne condo, dire adieu à son chat dédaigneux, découvrir l'amour fou et,
surtout (surtout), l'amener à s'affranchir d'une vie sans saveur qui, au fond,
ne lui ressemblait pas. Il y a eu le préjumpsuit. Puis est venu le jumpsuit.
Mais êtes-vous prêts pour le postjumpsuit ?
Mon avis
Dès les premières lignes de la 4e de couverture,
je me suis reconnue en la protagoniste. J'exerce le même métier et je trouve
parfois aussi que je n’ai pas de vie. J’avoue que je ne porte plus de jumpsuit
depuis des années, mais je crois que Sylvaine a bien fait d'en choisir un malgré
les intempéries.
C’est une chicklit qui diffère des autres romans de ce genre.
Effectivement, elle s’amuse avec ses amis, mais je dirais que les thèmes
abordés sont plus profonds que ce que j’ai l’habitude de lire et c’est un plus
à l’histoire.
Sylvaine m’a bien fait rire, que cela soit avec sa relation
avec ses parents, son père arrive à son condo sans s’annoncer, sa mère se
plaint et elle est plus têtue que moi, les amis de la protagoniste ajoutent une
seconde couche d’humour au bouquin, surtout pendant la scène du camping. J’admire
la détermination de Vivi pour retrouver l’homme qui l’a sauvé de la
catastrophe. Je vous laisse découvrir le dénouement.
C’est le premier livre que je lis de cette auteure et je pense
qu’il tombe au moment où j’en avais besoin dans ma vie.
Extraits
J’ai passé le reste de la soirée en apesanteur au milieu des
filles, distante. Je les voyais rire, s’étouffer en prenant une gorgée de vin,
danser quand c’était leur toute, se faire des câlins en pleurant sur les
malheurs de leur vie toujours plus gros après quelques verres, sans me sentir
concernée. Leur vie à elles continuait, la mienne était restée suspendue dans
la salle de lavage, dans cette ridicule idée de moi, désormais anéantie, que
j’avais nourrie en me voyant dans mon jumpsuit. (p.18)
Ma fatigue n’inspirait aucune pitié, ni à mes amies ni à
personne. En fait, on n’y croyait même pas. Je n’y avais pas droit. Une
adjointe administrative qui travaille 35 heures par semaine, le cul sur une
chaise ergonomique, ne connaît qu’une fatigue de surface, une forme de lassitude
normale qui n’a rien à voir avec l’épuisement que vivent ceux qui ont des vies,
des vraies, pleines de cris, de pleurs, de moments d’extase et de marde. (p.20)
Non, rien. C’est ça, Marion, le problème, y m’arrive jamais
rien. (p.24)
On a roulé en silence un moment, écouté Patrick Watson nous
dire qu’il nous laisserait des mots « en dessous de les murs qui chantent »,
avec son accent de London fog chargé de miel et de roches ancestrales. (P.120)
Je vivais dans le formol depuis sept ans, engourdie dans la
mélasse de l’autoapitoiement, le cœur à deux cheveux de l’engelure, pendant que
l’autre zinzin jouait aux petites quilles. (p.151)
J’ai bien été payée en retour : je me suis réellement
mise à aimer le baseball. (p.184)

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