mardi 1 mars 2022

Fuis-le si tu m’aimes- Un triangle amoureux déchirant de Sylvie G.

 

Publié chez Andara le 25 janvier 2022

384 pages

4e de couverture

Bailey entretient depuis de nombreuses années une grande amitié avec Vincent, un aspirant pharmacien brillant et inhibé. Leur relation est mise à rude épreuve quand la jeune universitaire s’éprend de Sean, un étudiant en médecine fort séduisant. Jaloux, Vincent tente alors d’avouer à Bailey qu’il est amoureux d’elle et met tout en œuvre pour discréditer Sean, qu’il considère comme un bad boy manipulateur.

 Au fil des événements qui fragilisent sa nouvelle liaison amoureuse, Bailey s’inquiète des changements qu’elle observe chez son meilleur ami Pourquoi réagit-il autant ? Pourrait-il avoir raison au sujet de Sean? Ce dernier trouve pour sa part les agissements de Vincent excessifs, voire agressifs. Qui dit vrai? Déchirée, Bailey se voit contrainte à choisir entre une amitié précieuse devenue suffocante et un amour enivrant possiblement éphémère. Or, sa décision aura des répercussions bouleversantes.

Mon avis

Pour avoir lu plusieurs romans de l’auteure, celui-ci est un de mes préférés que cela soit pour l’intrigue, la romance, les relations entre les personnages, tous ces éléments m’ont gardé en haleine jusqu’à la fin. Bien qu’il contienne plus de 400 pages et que j’assistais à des conférences dans le cadre du salon du livre de l’Outaouais, j’ai éprouvé de la difficulté à déposer le bouquin. Je me suis attachée à Bailey. Elle a tout un caractère, mais je l’apprécie avec ses qualités et ses défauts. Sean est un mélange parfait de méchant garçon et du parfait petit ami. Par contre, Vincent s’est vraiment le plus démarqué et je lui donne mon étoile pour cette raison.

J’ai souvent entendu de mauvais commentaires à propos des triangles amoureux et je vous confirme que l’auteure a réussi à me faire passer par toute une gamme d’émotion. À certains moments, je craignais pour la vie de certains personnages. Si vous regardez Investigation, vous allez noter certains points en commun avec l’antagoniste. Je tremblais en pensant qu’il y a déjà eu des cas similaires dans la réalité.

J’adore la romance en général, mais j’avais tendance à me tenir loin des histoires à trois de peur d’être déçue. C’est souvent prévisible, la fille choisit l’homme qui demeure à ses côtés depuis toujours au lieu du nouveau venu. Comme Sylvie G. m’étonne à chacun de ses livres, je souhaitais lui donner une chance et elle m'a surprise. Je craignais aussi que Sean devienne un cliché, mais il suit de près Vincent dans ma liste de personnage favori. J’espère qu’il vous fera rêver autant que moi.

Ce que j’ai le plus apprécié est l’évolution psychologique des trois protagonistes. On ressent facilement leurs émotions, on comprend leur point de vue et on peut s’imaginer à leur place même si on ne l’échangerait pour rien au monde dans certains cas.

Les chapitres expriment les points de vue des trois personnages, mais de deux en particulier. Je croyais que cela aiderait à deviner le dénouement de l’histoire, l’auteure a réussi à brouiller les pistes.

Si vous avez aimé sa série Kelly McDade bien que je le suggère pour les 18 ans et plus ou que vous aimez les livres de Judith Bannon, je pense que vous allez dévorer ce roman-ci.

Extraits

Elle se contente donc de hausser le volume de la musique, et nous nous réfugions dans le silence pendant que la voix de Miley Cyrus emplit l’habitacle. Je déteste cette artiste. Elle n’est pas mauvaise. Au contraire, je pense qu’elle a beaucoup de talent, mais justement pourquoi se foutre à poil pour vendre des albums quand on sait chanter ? Elle représente la sexytude-pas certain que ce soit un mot- qui me fait chier. (p.65)

L’amour passionnel, le vrai, celui qui confirme le sentiment d’être uni à la bonne personne physiquement, mentalement et émotionnellement, est rare. Il faut parfois du temps pour le trouver, et quand on le tient enfin, on doit en prendre soin comme de la chose la plus précieuse au monde..(p.333)

Lien de mon entrevue avec l'auteure 

samedi 26 février 2022

Arcade et Gail – Les âmes brisées de Katherine Girard et Charles-André Marchand

 

Publié chez les éditions Monarque le 8 novembre 2021

366 pages

4e de couverture

Arcade Dubé, devenu héros de l’aviation pendant la Première Guerre mondiale, est porté disparu, quelque part au coeur de la Forêt-Noire, en Allemagne. Gail Lebovits, qui poursuit des études en médecine tout en oeuvrant dans un refuge destiné à soigner les pauvres gens atteints de la grippe espagnole, est morte d’inquiétude. Son entourage doute qu’Arcade ait pu survivre à l’écrasement de son avion.

Toutefois, Gail s’accroche à l’espoir fou de retrouver bientôt son amoureux... Mais quand Arcade rentre en Amérique après avoir affronté l’horreur de la guerre et avoir survécu à la grippe, Gail découvre qu’il s’est marié à une autre femme, une jolie Strasbourgeoise nommée Roselyne, et qu’il est devenu exportateur de produits pharmaceutiques pour le père de cette jeune femme, un éminent droguiste et médecin. Arcade ne lui a même pas écrit! Comment a-t-il pu tant changer? Accablée par le chagrin, Gail se tourne à contrecoeur vers Saül, un jeune avocat ambitieux qui provient du même milieu qu’elle…

Mon avis

Le deuxième tome m’a fait vivre davantage d’émotion que le premier. Il se déroule pendant la Première Guerre mondiale et le début de la grippe espagnole. Il y a quelques conversations qui m’ont fait penser à la situation qu’on vit aujourd’hui 100 ans plus tard. Ce n’est pas un roman lumineux, mais il contient quelques éclaircies. D’ailleurs, j’ai préféré les moments sombres puisque je désirais connaître la suite et je devais poursuivre ma lecture pour obtenir des réponses à mes questions.

En parcourant la 4e de couverture, vous vous doutez que la relation entre les protagonistes demeure compliquée et étant amatrice de romance, je croisais les doigts pour qu’ils se retrouvent. Je ne vous dévoilerais pas le dénouement, mais ils ne sont pas à bout de leur peine.

Je vous avoue qu’au début, je n’aimais pas Roselyne, un nouveau personnage. Je pensais qu’elle provoquerait seulement des problèmes et qu'elle était égoïste. Les écrivains ont réussi à m'étonner et pour cette raison, je lui donne mon étoile bien qu’elle soit un personnage secondaire. Celui que j’ai adoré détester est Saül. Si vous croyiez en avoir fini avec lui après le tome 1, ce n’était que le commencement. Lui aussi a pris une tournure surprenante. Les auteurs ont un don pour garder le lecteur attentif jusqu’à la dernière page.

Quant aux protagonistes, bien qu’ils m’aient tenu en haleine jusqu’à la toute fin, ils m’ont parfois déçu avec leurs décisions. Toutefois, le récit aurait été moins intéressant s’ils avaient fait les bons choix dès le premier chapitre. J’espère que la situation va s’améliorer avec le prochain tome.

Je recommande de commencer par le premier bouquin pour bien cerner les personnalités d’Arcade et de Gail qui ne vous laisseront pas indifférents.  Si vous aimez la romance historique, vous allez être servi pour cette série. Pour le côté émotionnel, j’ai eu une préférence pour ce tome-ci.

Extrait

Et c’est là tout le problème, si vous me permettez : il œuvre davantage pour les politiciens que pour la vraie santé publique. Tout le monde est suspendu à ses lèvres, mais je crois qu’il a les mains liées quand vient le temps de se prononcer publiquement sur cette terrible pandémie. Il n’a pas le choix de mentir aux journalistes, de mentir à la population. (p.93)

Ma chronique du tome 1

Entrevue avec Katherine Girard

Entrevue avec Charles-André Marchand

jeudi 24 février 2022

Entrevue avec Naomi Chauret

 


Biographie

Naomi Chauret est une conseillère en communication qui, depuis ses huit ans, s’amuse à écrire des histoires de tous genres pour mettre sur papier son imagination débordante.

Étant avant tout une lectrice passionnée, Naomi a toujours au moins cinq livres dans sa PAL (pile à lire), sur sa table de chevet.

Ayant réalisé de nombreux voyages en Amérique et en Europe, l’auteure a vécu des aventures qui lui ont permis d’ouvrir ses horizons et de découvrir une grande variété de cultures et paysages, en plus de lui fournir de l’inspiration pour ses écrits.

Naomi est une auteure québécoise publiée aux Éditions AdA depuis 2019. Son premier contrat fut signé alors qu’elle venait tout juste d’avoir 18 ans.

Crédit : À propos – Naomi Chauret Auteure (wordpress.com)


Questions

Pourquoi avoir écrit une série inspirée d’une princesse?

J’ai toujours été intéressée par les monarchies de notre monde, que ce soit les histoires de la cour du Roi Soleil en France, de Marie-Antoinette à Versailles, du Roi fou Ludwig d’Allemagne ou de la reine d’Angleterre et de sa famille. J’aime l’idée de toutes les manigances et alliances qui se déroulent dans une cour royale et de toutes les responsabilités qui peuvent tomber sur les épaules de monarques malgré leurs grandes richesses et leurs nombreux privilèges. Et tout ça, c’est sans compter les beaux habits et les bals grandioses qui viennent avec la vie de princesse! Ce sont tous des éléments que j’ai beaucoup aimés par exemple dans la série Game of Thrones ou encore Reign, puis dans plusieurs livres comme dans la série La Sélection par Kiera Cass. Cette dernière est un gros coup de cœur de mon adolescence et elle a définitivement contribué à l’inspiration de Princesse promise. M’imaginer être à la place d’une princesse pour écrire cette série était vraiment amusant!

Est-ce qu’il y a une différence entre la première version et la réédition?

C’est très minime, en fait! Ce qui est différent, c’est vraiment les couvertures. La première édition des tomes 1 et 2 de Princesse promise est celle qui est sortie en 2019 avec les couvertures de style plutôt abstrait/contemporain, avec les roses au centre. La réédition est la nouvelle version qui est sortie en automne 2021 avec une princesse sur les couvertures. Les tomes 3 et 4 suivront le même style que la réédition des tomes 1 et 2, donc avec une princesse sur les couvertures. Pour ce qui est du contenu des tomes 1 et 2, c’est exactement le même dans les deux versions. Il y a seulement quelques mini corrections qui ont été faites parce qu’elles s’étaient glissées de façon inaperçue dans la première version. Mais si les lecteurs ont déjà les tomes 1 et 2 de la première édition, ils n’ont pas à acheter la réédition; ils peuvent simplement continuer leur lecture de la série avec les tomes 3 et 4 sans problème.

Aimerais-tu écrire un autre genre que de la romance?

La romance est vraiment le genre que j’aime le plus et ce qui est intéressant, c’est qu’elle peut être mélangée avec d’autres genres. Par exemple, ma série Princesse promise est une fiction de romance et d’aventures, mais je viens tout juste de signer un contrat pour une duologie que j’ai écrit et qui est une fiction historique et romantique se déroulant à Londres au 19e siècle. Donc dans Princesse promise, je mélange romance avec fiction d’aventure et dans ma duologie à venir, je mélange romance avec fiction historique. Je pourrais aussi éventuellement écrire une romance contemporaine (dans notre monde actuel). Je suis donc très intéressée à explorer d’autres genres, mais je sais que la romance aura toujours une place assez importante dans mes écrits. Par ailleurs, mon livre jeunesse Objectif Trésor – La Chambre d’ambre est un roman d’aventures dans le monde contemporain qui fait aussi beaucoup de parallèles avec des événements historiques. Donc déjà, j’ai un autre genre que la romance dans mes œuvres!

Quelles embûches as-tu rencontrées lors de l’écriture de ton premier roman?

Étonnamment, je n’ai pas vraiment rencontré d’embûches durant l’écriture du premier tome de Princesse promise, mon premier roman. J’ai commencé à écrire l’histoire lorsque j’avais 16 ans, durant ma dernière année du secondaire. J’écrivais durant mes temps libres, lorsque l’inspiration me venait, et tout est arrivé tout seul. C’était le premier livre que j’avais réussi à écrire jusqu’à la fin et j’en étais très fière. Éventuellement, je l’ai envoyé à ma mère et à ma sœur (mes bêta-lectrices) pour le leur faire lire et j’ai pu réviser et améliorer l’histoire grâce à leurs commentaires. Une fois tout cela terminé, je me suis simplement dit que je n’avais rien à perdre et j’ai décidé d’envoyer le livre à diverses maisons d’éditions dans le but de le faire publier. Deux ou trois mois plus tard, alors que je venais tout juste d’avoir 18 ans, je signais mon premier contrat avec les Éditions AdA.

Les embûches sont venues pour moi avec les tomes 3 et 4 de Princesse promise qui ont pris beaucoup plus de temps à écrire et à se faire éditer que les deux premiers! Ces embûches ont été difficiles, mais elles ont fait travailler ma détermination, ma résilience et ma patience et somme toute, le résultat en aura valu la peine!

Quels conseils donnerais-tu à un nouvel auteur?

Tous les auteurs le disent, mais je conseille de lire beaucoup beaucoup beaucoup de livres! La lecture nourrit automatiquement l’écriture et vous permet de développer votre style en plus de vous inspirer et de vous familiariser avec les différents genres.

Je conseille aussi d’essayer d’écrire un peu chaque jour ou au moins d’ouvrir votre document Word pour relire ou réviser votre progrès précédent. Vous replonger dans votre histoire chaque jour, même pour quelques minutes seulement, vous permettra de demeurer concentré sur votre objectif (finir d’écrire votre livre) et vous gardera dans une bulle d’inspiration et de productivité continue.

Un dernier conseil : une fois votre premier jet terminé, faites-le lire par des bêta-lecteurs. Des bêta-lecteurs sont des personnes de confiance qui liront votre livre avant tout le monde pour le commenter. Ils sont la première étape pour s’habituer à être critiqué sur votre travail et ils vous permettent de voir si votre livre convient à votre public cible, si votre histoire est bien fluide, unique et intéressante, etc. Selon moi, les bêta-lecteurs sont un « outil » et une étape indispensable si vous voulez un jour envoyer votre manuscrit à une maison d’édition.  

Quels sont tes prochains projets?

Pour revenir un peu à ma réponse à ta troisième question sur mon intérêt à écrire d’autres genres que la romance : mes prochains projets sont pas mal variés. J’ai présentement une idée pour un fantasy jeunesse, pour une romance contemporaine et pour une romance dystopique. Je ne sais pas encore quelle idée j’écrirai en premier, cela va dépendre de ce qui m’inspirera le plus! Pour l’instant, je prends une petite pause de l’écriture puisque j’ai été très occupée avec la finalisation de la série Princesse promise et avec la révision de Doubles visages, ma duologie fiction historique et romantique à Londres au 19e siècle. Les tomes 3 et 4 de Princesse promise devraient justement paraître très bientôt en librairie, alors que Doubles visages est prévu pour fin 2022! Somme toute, j’encourage toujours mes lecteurs à me suivre sur mes réseaux sociaux, puisque je les y tiens au courant de tout ce qui concerne mes livres et mes projets.

Facebook : Naomi Chauret-Auteure

Instagram : @naomi_chauret

Site Web : https://naomichauretauteure.wordpress.com/

Ma chronique du tome 1 de Princess promise 

mercredi 23 février 2022

Nouées de Catherine Voyer-Léger

 


Publié chez Québec Amérique le 15 février 2022

158 pages

4e de couverture

« Nouées de mère en fille. Inextricables, tissées serrées, jusqu’à nous étouffer. De mère en fille. Nouées dans une caresse suffocante quand des petites mains de quatre ans te pressent la gorge parce qu’elles comprennent mal les limites entre le doux et la douleur. De mère en fille, nos angoisses tressées ensemble pour le meilleur et pour le pire. Indispensables l’une à l’autre et toujours un peu de trop en même temps. »


En dénouant ses souvenirs dans ce récit en trois temps à forte teneur autobiographique, la narratrice s’interroge sur ce qui forme les relations de confiance et d’attachement, particulièrement dans les rapports mère-fille. Troublant, percutant.

Mon avis

En lisant la 4e de couverture, j’ai immédiatement été intriguée par ce livre qui a été écrit par une auteure de ma région. J'ai assisté à plusieurs de ses tables rondes, mais je ne m’attendais pas à ce que cette œuvre me touche autant. J’ai probablement embarqué dans l’histoire, car j’ai longtemps pensé à adopter et que je trouve courageuses les femmes qui élèvent leurs enfants seules. Tout comme la protagoniste, je me suis souvent réfugiée dans un monde imaginaire que cela soit en regardant de nombreuses séries télé ou en parcourant une quantité incalculable de romans.

Je ne dirais pas que le récit est sombre, mais il porte à réfléchir sur certains sujets, particulièrement sur les relations entre les mères et les filles.  Que cela soit à propos de sa relation avec sa propre mère qui est loin d’être simple ou tout le processus qu’elle a dû passer pour devenir famille d’accueil, on passe par toute une gamme d’émotion. Je ne vous cacherais pas que j’ai presque versé des larmes en lisant certains chapitres. L’écrivaine a tout mon respect d’avoir passé à travers cette épreuve et j’espère qu’un jour j’aurais le courage de faire de même.

L’écriture est percutante et je le recommande à ceux qui comme moi aiment observer l’évolution psychologique des personnages. L’auteure mentionne plusieurs souvenirs qu’ils soient bons ou mauvais, mais qui lui ont permis d’évoluer et de devenir la mère qu’elle est.

Extraits

Je cherchais une émotion forte, très forte, qui aurait dû m’accompagner. Je me disais : Tu devrais être plusquelque chose. Tu devrais en faire un cas. Ce qui se prépare n’est pas banal. Je répétais : C’est le premier jour du reste de ta vie. Mais les signes étaient absents, rien n’annonçait une journée en raz-de-marée. (p.11)

Au primaire, j’étais souvent seule ; je n’étais pas très portée vers la camaraderie de cour d’école. Les enfants criaient, avaient souvent des gestes brusques et des mots acerbes. (p.103)

Je sais le mal de vivre lancinant, la peur d’être de trop, la culpabilité qui vous bouffe, qui ronge même vos liens à l’attachement, l’impression de ne servir à rien, d’être un obstacle dans la vie des autres. La profonde, intense certitude de n’être la priorité de personne. (p.130)

On peut se demander en quoi ça aurait été mieux que je meure à sa place. Que je m’offre, d’une certaine façon, en sacrifice. Mais à l’époque, même si je n’étais plus autant traversée par l’idée de la mort, je restais convaincue que ma vie valait moins que celle de la plupart des gens. (p.138)


mardi 22 février 2022

Entrevue avec Carine Paquin

 


Crédit : Carine Paquin : écrivain, auteur | Petit homme (editions-petithomme.com)

Biographie

Carine Paquin est née en 1982 à Val-d’Or. Elle est enseignante au primaire, professeure d’art dramatique et auteure de plusieurs livres et pièces de théâtre. Croyant fermement que l’apprentissage et le jeu vont de pair, elle insuffle beaucoup d’humour et de rocambolesque dans tout ce qu’elle fait. Elle ne rate pas une occasion de se déplacer pour des animations dans les écoles ou pour des ateliers littéraires et est également très impliquée dans le milieu de l’édition scolaire, participant à la création de trousses pédagogiques axées sur la littérature jeunesse.

Crédit :  Communication Jeunesse | Paquin, Carine (communication-jeunesse.qc.ca)

Questions

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Mes enfants et ceux que je côtoie, car je suis professeur de théâtre au primaire et au secondaire, mes amis, mes voyages, tous ceux qui m’entourent, ma vie.

Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire des séries jeunesse ?

Je ne me vois pas faire autre chose que des romans jeunesse. Les enfants sont pour moi une grande source d’inspiration, c’est une passion, j’ai l’éducation à cœur. J’ai moi-même gardé mon cœur d’enfant et le désir profond d’écrire des histoires qui parlent aux enfants.

Lequel de vos livres recommanderiez-vous à un nouveau lecteur ?

Difficile de recommander un seul livre, chaque lecteur a son livre. Il n’y a pas un seul qui peut plaire à tout le monde. Je ne peux pas dire au lecteur : ce livre-là de moi, c’est certain que tu vas aimer. Il faut regarder avec chaque personne ses propres intérêts et sa capacité en lecture. Il y en a plus difficile à lire que d’autres. J’ai écrit 45 livres jeunesse, je ne peux pas en choisir un seul pour tous les lecteurs. Il faut que les enfants me parlent d’eux pour leur proposer le livre parfait. Sur mon site internet, les enfants peuvent faire un petit quizz et cela leur donne leur livre parfait.

Quels conseils donneriez-vous à un nouvel auteur ?

C’est de garder en tête la raison pour laquelle on fait ce travail. D’abord la passion de raconter des histoires. Quand la passion devient un travail, parfois on oublie la raison pourquoi on le faisait au départ. Il ne faut pas écrire sous pression ou avec un désir de performance lié à des exigences venant des maisons d’édition ou des lecteurs. Il faut garder en tête, la raison pourquoi on fait ce travail est qu’on aime le faire. C’est la seule façon de rester inspiré et de se respecter.

Est-ce qu’il y a un genre littéraire que vous n’écririez pas ?

Je ne suis pas le genre à me mettre des barrières ou à me fermer des portes. Il est possible que je touche à un autre genre littéraire. Pour le moment, j’écris de la jeunesse. C'est un genre assez large. On peut faire de l'humour, de la romance, de l'horreur, du policier. Est-ce que je sais d'avance s’il y a un genre que je n’écrirais pas ? Pour le moment, non. Ça viendra comme ça viendra.

Quels sont vos prochains projets ?

C’est la suite des projets qui sont déjà commencés. On parle de la triple vie de Charlie, la théorie ratée de l’évolution, Ella, full textos, L’école des superhéros, Forfight, et d’autres albums jeunesse dans la collection de la ferme de la haute-cour. Les prochains projets qui aborderaient de nouvelles séries ne sont pas prévus avant 2023.


jeudi 17 février 2022

Nuances - #Consentement de Stéphanie Deslauriers

 

Publié chez Boomerang en janvier 2022

235 pages

4e de couverture

Ballerine depuis sa plus tendre enfance, étudiante performante fréquentant les meilleures écoles et ado modèle, Juliette ne pouvait pas s’imaginer que sa vie allait basculer après que Niko Popov, le gars cool de l’école qui est en 5° secondaire, s’intéresse à elle. À elle, Juliette Pinsonneault, qui n’est qu’en 4e secondaire et qui ne fait pas partie de la gang populaire.

Juliette se trouvera à la croisée des chemins le soir d’un party auquel elle a été invitée; bon, elle s’était imaginée vivre sa première virée avec sa best, Léa, et non pas avec Alexandra, qu’elle ne connaît pas tant que ça. Au cours de cette soirée, elle devra faire face à un choix qui changera le cours de sa vie: montera-t-elle les marches en compagnie de Niko ou prendra-t-elle ses jambes à son cou ?

#Consentement aborde les notions de consentement, de dénonciation, mais aussi de solidarité, d’amitié et de résilience.

Mon avis

Un bouquin important pour toutes les adolescentes. J’aurais aimé le lire lorsque j’étudiais au secondaire. Je le recommande aussi aux adultes afin qu’ils puissent discuter de ce sujet avec leurs enfants. J’ai été touchée par ce que Juliette a vécu. L’auteure ne tourne pas autour du pot et va directement au but et nous fait passer par toute une gamme d’émotions.

Je comprends son désir de devenir indépendante, de vivre les mêmes choses que les adolescents de son âge et ce qui s’est produit avec Niko pourrait arriver à n’importe quelle autre fille. Plusieurs personnes vont se reconnaître en Juliette.

Dans cette œuvre, le lecteur peut décider parmi deux options et le destin de Juliette change selon ce qui se produit. J’ai trouvé le concept intéressant. J’ai lu les deux dénouements et ils m'ont bouleversés. Cela fait longtemps que je n’avais pas parcouru un roman semblable, mais je crois que cela plaira davantage aux adolescents. J’entrais dans la peau du personnage et de choisir la suite.

C’est le premier livre que je parcours de cette autrice et elle a du potentiel. J’avoue que certains anglicismes m'ont fait brièvement décrocher. J’avais l’impression de plus connecter avec la mère de la protagoniste à ce sujet. D’ailleurs, ses parents m’ont fait rire. J’avais la même image des miens lorsque j’avais 16 ans. Bien que le sujet soit difficile, on y trouve une touche d’humour et Juliette et ses amies ont décidé de créer quelque chose de positif pour aider les autres.  Je vous laisse découvrir de quoi il s’agit.

Extrait

Sérieux, on dirait que la soirée d’hier est un mauvais rêve. Il s’est passé tellement de choses en si peu de temps qu’on dirait que ça s’peut pas, que ce soit arrivé en quelques heures, On dirait que j’suis une autre personne qu’hier. Que je volerais le retourneur de temps d’Hermione Granger pour changer le cours des choses. Pis j’m’en veux. J’men veux de pas t’avoir écoutée pis d’avoir ignoré ma p’tite voix intérieure.  (p.128)


mercredi 16 février 2022

Entrevue avec Mélanie Rivet

 


Crédit : Communications salon du livre de l'Outaouais 

Questions

D’où vous vient votre amour pour la littérature ?

Depuis toute petite, inspirée des livres que ma mère me lisait, qu’elle lisait elle-même et qu’elle laissait trainer… Aussi, j’ai toujours emprunté le maximum de livres possibles à la bibliothèque de mon quartier quand j’étais au primaire et au secondaire. Cela a continué avec des études en lettres au cégep, ancrage avec l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais à mon arrivée dans la région de l’Outaouais.

Le plaisir d’écrire a lui aussi toujours été là, peu après celui de lire, j’ai encore mes premiers livres que je lisais seule, et ces deux plaisirs se sont toujours nourris.

 

Selon vous, quelles sont les qualités d’une bonne directrice générale d’un salon du livre ?

Voici en vrac une belle liste ;)

·         Capacité d’adaptation

·         Leadership et savoir rallier et choisir les bons collègues pour mettre en place une équipe de feu

·         Savoir retrouver le plaisir dans le travail et partager ce plaisir avec les collaborateurs

·         Être passionné des livres, des gens et des rencontres

·         Être curieuse, patiente,

·         Bon gestionnaire de budget

·         Dévouement et disponibilité

·         Créativité

·         Travail d’équipe

·         Mobiliser un bon réseau (le salon fonctionne en équipe d’équipes)

·         Savoir reconnaître le travail de tous et toutes

·         Avoir une vision et savoir la transmettre

·         Intégrer des partenaires locaux

·         Être bonne communicatrice + être à l’aise pour Répondre aux journalistes… peu importe le type de question

·         Savoir s’adapter aux situations protocolaires et aux autres plus conviviales

·         Être prête à travailler de longues heures, dans des conditions stressantes

·         Être axée sur les solutions et non les problèmes

·         Concilier travail-famille-vie perso malgré le mode événementiel

Quel est votre parcours avant de devenir directrice générale du SLO ?

Voici en vrac des étapes de mon parcours assez touffu : Études en théâtre comme metteure en scène, puis en pédagogie, enseignante de théâtre au secondaire, mis en place une compagnie de théâtre de création puis fait deux productions, puis journaliste, agente de communication en théâtre, études en traduction, gestionnaire de projet en technologies langagières, traductrice pragmatique en technologies de la santé et littéraire (un peu), autrice (conte pour enfant, récit de poésie), slameuse, poète, gestionnaire culturelle, présidente et responsable du marketing d’une maison d’édition,  animatrice télé et sur diverses scènes,  maitrise en études langagières et assistante de recherche, puis directrice générale adjointe au SLO pour finalement devenir dg du SLO.

J’ai aussi beaucoup fréquenté bcp le SLO  (autrice, animatrice, éditrice, exposant) avant d’entrer dans l’équipe comme dga.

Quels défis avez-vous rencontrés avec cette seconde édition du salon du livre en virtuel ?

Voici en vrac :

Refaire trois fois les plans pour l’ensemble de l’événement, cette fois peu de temps avant la tenue de ce dernier.

Accepter de laisser aller cette merveilleuse idée qu’on avait mis du temps à ficeler et pour convaincre nos collaborateurs.

Motiver l’ensemble de l’équipe à reprendre le travail et faire les choses autrement.

Susciter l’adhésion de tous (public, éditeurs, auteurs, écoles, partenaires) envers la nouvelle formule.

Composer avec des deuils d’activités qui ont dû être reportées ou abandonnées, ou modifiées de façon importante.

Composer avec la fatigue et la lassitude, avec les nouveaux programmes spéciaux et leurs exigences.

Composer avec une surcharge de travail pour tous, en tentant de prendre soin de soi.

Ces deuils : absence à la conférence de presse de février (cas covid dans la famille), absence d’une collègue à une activité préparatoire importante (cas covid à la maison), absence de connivence au bureau (télétravail obligé à cause du contexte sanitaire), absence de contacts avec les auteurs – notre meilleure paie (contexte sanitaire), difficulté à réaliser certaines parties de notre mission (contact direct entre auteurs livre lecteurs et ventes) (contexte sanitaire).

Au final, le défi était de proposer une programmation riche, variée, représentative de la diversité de la société, en donnant le goût de plonger dans les livres (je pense qu’on peut dire mission accomplie).

Quels sont vos souhaits pour le salon de cette année ?

Que les gens fassent des découvertes, trouvent des livres coups de cœur et les achètent en grand nombre.

Que les auteurs se sentent bien, qu’ils profitent du moment malgré la situation.

Que le public profite de ce qu’on lui offre et nous revienne l’an prochain en personne.

Que l’équipe puisse être fière de ses accomplissements et se dise mission accomplie.

Que les éditeurs québécois et canadiens sentent qu’on était avec eux dans notre désir de promouvoir leurs œuvres.

Quelle est votre vision pour le SLO 2023 ?

Palais des congrès, 40 000+ personnes

Avec beaucoup : auteurs, livres, bénévoles, jeunes, écoles, public, festivités, activités chaleureuses inusités.

L’abondance bref !

Et l’esprit de fébrilité et de fête qui nourrit tout le monde

Quelles sont vos suggestions littéraires pour un lecteur qui désire découvrir la littérature québécoise ?

Il y a des tonnes de livres publiés chaque année au Québec et au Canada français

Je peux déjà recommander de découvrir les dernières publications de nos invité.e.s d’honneur

Francine Ruel : Le promeneur de chèvres (Libre Expression)

Daniel Lessard : Le p’tit docteur de Saint-François-de-Beauce (Pierre Tisseyre)

Jean Sioui : Yändata’ : L’Éternité au bout de ma rue (Hannenorak)

Christian Quesnel : Mégantic, un train dans la nuit (Écosociété)

Chloé LaDuchesse : Exosquelette (Mémoire d’encrier)

Blaise Ndala : Dans le ventre du Congo (Mémoire d’encrier)

Fanie Demeule : Highlands (Québec Amérique)

Carine Paquin : La vache qui voulait faire sa place (Michel Quintin)


Guards by Faye Knighly

  Published on September 4th, 2026 424 pages I read the e-book Back Cover An interconnected standalone set in the post apocalyptic  ...