Publié chez les éditions Boréal le 4 novembre 2025
265 pages
Lu en format papier
4e de couverture
Jusqu’en 1945, l’histoire du journalisme s’est généralement
construite autour de figures masculines, reléguant pour l’essentiel la
contribution des femmes au Québec aux pages féminines des journaux. Pourtant,
dès les années 1890, des femmes journalistes vont sur le terrain. Certaines
descendent au fond d’une mine ou se rendent au lac Saint-Jean pour décrire la
colonisation du territoire ; d’autres mènent des enquêtes littéraires ou
transposent en récit leur évacuation de Paris au seuil de la Seconde Guerre mondiale.
Parus entre 1890 et 1945, les textes réunis dans cette
anthologie dirigée par Charlotte Biron mettent en lumière l’apport des femmes
journalistes à l’histoire du reportage au Québec, mais aussi les liens qui
existent entre leur parcours. Quatorze figures sont rassemblées ici : Robertine
Barry, Georgina Bélanger, Éva Circé-Côté, Anne-Marie Gleason-Huguenin,
Antoinette Gérin-Lajoie, Cécile Laberge, Corinne Rocheleau-Rouleau,
Marie-Louise Marmette, Louise Gilbert-Sauvage, Germaine Guèvremont, Adrienne
Choquette, Éva Senécal, Simone Routier et Gabrielle Roy. À leur manière, toutes
transgressent un rôle typiquement féminin. Elles inventent ainsi de nouvelles
manières d’être reporter et contribuent à transformer durablement les pratiques
d’écriture journalistiques.
Mon avis
Je le recommande si vous aimez le journalisme et l’histoire.
Comme ces deux sujets m’intéressent, j’ai apprécié lire des extraits de
conférence ou de textes de l’époque. Le seul nom que je connaissais est
Gabrielle Roy et je ne savais même pas qu’elle avait été une journaliste en
plus d’écrire des romans.
Les femmes devaient se battre pour se faire une place dans
le domaine, alors je les admire pour ce qu’elles ont fait et j'admire le
travail colossal que l’auteure a fait pour créer ce livre.
C’est une œuvre qui se feuillette bien. Chaque chapitre
mentionne une différente reporter et certains sont liés. Vous n’avez pas à le parcourir
d’un seul coup et vous ne perdrez pas le fil de votre lecture.
Extraits
Les chroniques s’articulent autour d’un espace intérieur
auquel associée la figure de la mère de famille, gardienne du foyer. (p.9)
L’écriture nous emmène vers ces « profondes ténèbres » de manière à faire ressentir les
dangers auxquels s’expose la reporter : « Les parois du puits sont
recouvertes en feuilles de fer, car si une petite pierre, fût-elle-même un
gravier, venait à détacher et à nous tomber sur la tête de cette hauteur, nous en
aurions immédiatement le crâne perforé. » (p.13)
Même si le questionnaire porte sur la littérature, plusieurs
des écrivains sollicités parlent davantage de journalisme. C’est le cas pour la
majorité des femmes. Odette Oligny se présente ainsi : « Car je suis avant
tout journaliste et chroniqueuse, et j’ambitionne beaucoup plus ce titre que
celui d’écrivain. » (p.25)
Faut-il véritablement que nos membres douillets réclament
ces délicatesses modernes qui, parfois, amoindrissent la pensée, diminuent la
taille des humains et limitent l’existence par un surmenage insensé? On appelle
cet effort le progrès! Mais le progrès n’empêche pas les guerres, les tueries
organisées avec un art diabolique. (p.145)
Oui, je sais un lien solide qu’une commune émotion peut
établir entre deux êtres. (p.158)

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